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Vénézia T. 1
Triple Jeu
Voir Venise...
Venezia est une nouvelle série, lancée dans la toute récente collection Poisson Pilote de Dargaud, par Lewis Trondheim au scénario et Fabrice Parme au dessin…
Venise au seizième siècle… La Sérénissime est le théâtre d'intrigues et de guerres impliquant entre autres la France et l'Allemagne, qui y envoient chacune leur meilleur agent secret. C'est ainsi que la Signorina Cantabella et le Signor Pintorello arrivent ensemble, logent ensemble et espionnent ensemble, ignorant chacun l'activité de l'autre, se détestant cordialement et mutuellement. S'ils arrivent à leur fins, c'est à dire empêcher le turc Tufu d'imposer un droit de passage exorbitant aux marchandises, ce ne sera pas grâce à une habile collaboration. Même si la Cantabella trouve de la prestance à ce mystérieux inconnu qu'elle rencontre dans ses missions et que Pintorello paraît sensible à la svelte demoiselle masquée qui semble suivre le même but que lui…
Dessin et scénario empruntent beaucoup à l'univers théâtral, comme si chaque planche dressait un décor à des comédiens.
Et ce décor, d'ailleurs, est très alléchant. Venise est rendue avec précision et simplicité, l'architecture est à la fois fouillée et simplifiée pour ne pas brouiller les personnages. Le dessinateur réussit d'audacieuses compositions en ombres chinoises, en silhouettes noires, des panoramas sans couleur sur lequel défilent les personnages, comme si la case dressait un castelet à des marionnettes.
Les personnages sont choisis assez classiques dans leur rôle : un jeune premier, une jeune première, un méchant turc et un vieux puissant. Ils rappellent assez les personnages de la Commedia dell'arte, et le thème du turc était très prisé dans les pièces et opéras des dix-sept et dix-huitièmes siècles (voyez entre autres la galère turque des Fourberies de Scapin de Molière ou L'enlèvement au sérail de Mozart).
L'histoire est peu complexe, mais très théatralisée : de petites saynètes, où le jeu de gestes du "comédien" n'est pas en rapport avec le déroulement général de la scène, créent un décalage comique, comme dans les planches où Pintorello essaye de récupérer discrètement sa moustache postiche (voir vignette ci-contre). Le thème du déguisement, qui au lieu de cacher dévoile la naissance de sentiments entre deux protagonistes, a été amplement exploré par Marivaux. Enfin l'affrontement verbal systématique entre les deux héros renvoient aux scènes d'insultes chez Molière encore (dans le Médecin malgré lui par exemple) ou Beaumarchais (Suzanne et Marceline dans Les Noces de Figaro).
J'ai pourtant regretté que l'adaptation d'une certaine " liberté d'improvisation ", très porteuse au théâtre, essentielle justement à la Commedia dell'arte dont l'improvisation sur canevas était la base, ne fonctionne pas sur la fin de l'album. L'accumulation des agressions verbales finit par les faire tourner en rond, les insultes n'exploitent pas assez le langage pour créer un autre humour qu'un humour "cour de récréation" et les multiples péripéties de l'affrontement final, n'étant pas portées par un fil directeur, font un peu "remplissage". Les virevoltes qui fonctionneraient sur une scène s'alourdissent une fois fixées sur le papier.
Il n'en reste pas moins que tous les ingrédients pour lancer une bonne série et captiver le lecteur sont présents : le suspense sur le déguisement (mais quand donc vont-ils se découvrir ?), les talents de mise en scène, la lisibilité de l'histoire en général vont vous séduire. Le dessin de Fabrice Parme est à la fois accrocheur au coup d'œil et captivant sur la durée de l'album, et la verve décalée de Trondheim rajeunit beaucoup les poncifs théatraux.
Et après tout, qu'est-ce que j'ai contre l'humour de cour de récréation ?
Une chronique signée Marie
Invité
10 Fevrier 2001
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L. Trondheim
F. Parme
Editeur : Dargaud Collection : Poisson Pilote Janvier 2001 - 48 Pages
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 © 2001 F. Parme, L. Trondheim - Dargaud
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24 Avril 2003 J'ai été déçue par cet album pourtant prometteur (Tondheim / poisson pilote). L'histoire m'a parue artificielle et le traitement graphique est propre mais cela manque d'humour ou de subtilité. annette
03 Octobre 2002 C'est trop super!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
J'adore cette BD ! C'est une pure réussite et les dessins sont absolument super!C'est un style que je ne connaisssait pas que je viens de décourvrir!
Je file l'acheter!
Bisous
Célia Célia
27 Mai 2001
c'est pas mal c'est assez dejante mais honnetement Lewis Trondheim nous avait habitue a mieux nivau scenario.
le fait que les deux heros ne se reconnaissent pas au debut passe encore mais c'est pas credible a la fin.
On passe neanmoins un bon moment
Sim
20 Fevrier 2001 J'aime beaucoup le théâtre, et ici cette bd colle très bien avec. C'est léger, mais on est intrigué tout de même. Le dessins passe bien
Patrick |
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