Caricature
Un portrait au vitriol de l'Amérique
Neuf portraits d’américains, allant d’un dessinateur de caricatures à un super-héros dépressif, en passant par un adolescent le jour d’Halloween ou encore un obsessionnel de l’année 1966, le tout formant un portrait au vitriol de l’Amérique.
Caricature n’est pas vraiment un nouvel album de Daniel Clowes. Il s’agit de la réédition d’un album paru en France en 2000 et constitué de neuf histoires parues initialement dans les pages de son comics Eightball. Dans chacun de ces portraits, on découvre une personne mal dans sa peau, tiraillée par des obsessions et véhiculant un mal-être qui donne à sa vie un goût d’échec.
On retrouve dans Caricature tout ce qui fait l’essence même de l’œuvre de Daniel Clowes : le portrait d’une Amérique désespérée et inquiétante, sclérosée par ses règles et ses fantasmes.
Passant de la bichromie au noir et blanc et à la couleur, Clowes varie les styles graphiques tout en conservant son trait reconnaissable entre tous. Les personnages ont tous une allure légèrement inquiétante et un mélange de désespoir et d’impassibilité sur le visage. Cette particularité donne au lecteur un sentiment de malaise amplifié par la tristesse des vies décrites dans ces nouvelles.
Sans être aussi indispensable qu’un David Boring, par exemple, Caricature possède tous les ingrédients pour avoir sa place dans l’œuvre passionnante de son auteur. Ces neuf histoires forment un tout cohérent qui approfondit encore le portrait désenchanté de l’Amérique que Clowes brosse album après album.
Une chronique signée JC
Invité
26 Avril 2006
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D. Clowes
D. Clowes
Editeur : Rackham Mars 2006 - 104 Pages
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