Véra s'est laissée happer par le quotidien de ce village reculé. Les villageois ont pris
l'habitude de solliciter ses soins en cas de besoin, la jeune femme et sa fille ont été
adoptées par la communauté.
Vu Thu Danh, ancien envoyé spécial de l'ONU a trouvé un subterfuge pour convaincre Véra de
l'accompagner à la rencontre de son frêre pour tenter de sauver des dizaines de jeunes
femmes enlevées à leur famille. El Nino serait le chef du gang de pirates responsable de
ces rapts. Lorsque les jeunes filles survivent aux traitements de leurs geoliers, c'est
pour finir au fond d'un bordel glauque. Le jeune fonctionnaire pense que la présence de
Véra lui servira de bouclier contre les pirates. Kolya n'osera pas s'en prendre à
elle.
L'expédition est rapidement montée, Véra contacte Jim Bishop pour que le détective vienne
leur préter main forte. Le voyage en mer est mouvementé, et alors qu'ils approchent des
côtes, leur embarcation chavire...
Le scénario de Perrissin nous avait déjà préparé à l'horreur. Rien de ce qui arrive après
que nos héros aient touché le sol de l'île ne parait du coup incongru. Et au fond de soi, on
garde envers ces événements et ce qui les a provoqué un sentiment d'impuissance et de
profonde révolte. Depuis le premier tome, Véra n'a pu se construire de ce frêre inconnu
que l'image d'un être litéralement monstrueux, sans âme, sans coeur, sans conscience ni remord. La rencontre, tant souhaitée et redoutée à la fois est imminente et inévitable, car si ce n'était pas le cas, Véra ne serait pas venue. Tout se déroule limpidement, comme l'impose le tome final d'un série soigneusement ficelée. El nino vous fera trembler, El Nino vous fera pleurer, la chute ne pouvait qu'être dramatique.