Le Choucas
Le Choucas - L'intégrale
Chemises jaunes, chaussettes rouges et peurs bleues
Un ouvrier est prié de prendre la porte de l’entreprise dont il remontait quotidiennement les 16 pendules. Motif : le patron a choisi de faire installer des systèmes électroniques affichant l’heure, mais aussi la température, le cours de la bourse, etc. Alors qu’il s’apprête à plier bagage, résigné mais aussi excédé par l’attitude de son chef, notre remonteur d’horloges ne peut résister à l’impulsion vengeresse de lui dérober son téléphone portable…un geste fatidique, qui précipite son auteur dans une affaire tout ce qu’il y a de plus sordide.
Mais voilà : comme il est maintenant au chômage, l’ex-ouvrier s’improvise illico détective privé, troquant son bleu de travail contre un costar bien sombre et la première chemise qui lui tombe sous la main, d’un jaune flamboyant. Déployant ses ailes, le choucas est fin prêt à apprendre à voler…
Avec Le Choucas, Lax a campé un détective notable du neuvième art. Pas à cause des compétences de ce denier - car si le Choucas est plutôt consciencieux, il n’en reste pas moins médiocre, échouant bien souvent par pure naïveté ou simple malchance – ni en raison de l'envergure des affaires qu'il traite, ces dernières étant pour le moins dérisoires. Probablement pas non plus en raison de son succès auprès des femmes : sans être repoussant, notre détective n'a rien du tombeur... Non, Lax réussi son coup en capitalisant sur l'atmosphère, d’une tranquillité inquiétante et, au final, assez sordide. D’abord, quand on commence Le Choucas, on se fait couler un bain. Ça détend. On ne se sent pas inutilement complexé par cet anti-héro. Son absence de dons particuliers, son courage aléatoire permettent aisément au lecteur de faire front, à ses cotés, à chaque rebondissement de l’enquête ; car voilà, sous l’apparente passivité du scénario, Lax est capable de faire surgir n'importe quoi, à n'importe quel moment, confrontant le Choucas aux situations les plus improbables et conférant à l’ensemble cette précieuse petite touche de folie, si caractéristique de la série. C'est là, alors que l’histoire se conclut nonchalamment sur fond de trashitude sociale, qu’il est temps de vite sortir du bain. Avant que l’eau ne devienne sang et cambouis.
A découvrir pour les amateurs de polars.
Francis
11 Mars 2010
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Lax
Lax
Lax
Editeur : Dupuis Fevrier 2010 - 160 Pages
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Interview :
Lax
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