Simon Adams est ce que l’on pourrait appeler un nouveau père : fortement impliqué dans l’éducation de sa petite fille, il accepte de prendre sa part des taches ménagères, levers nocturnes et accompagnements qu’implique la présence d’un enfant dans la maison. Il a renoncé à faire carrière et se contente d’un rôle subalterne de décorateur dans une fabrique d’assiette. Il ne regrette rien de ses choix de vie. Mais quand sa fille réclame sa mère, que la maison de leur rêve ne leur est pas accessible financièrement, il se retrouve parfois un peu à cran. Et part, la tête dans les étoiles, dans des réflexions métaphysiques…
Pas étonnant qu’un tel thème soit abordé en bande dessinée : nombre d’auteurs dessinent en effet chez eux pendant que leurs épouses ont un emploi stable à l’extérieur. Et se retrouvent ainsi, à prendre soin de leurs enfants de façon plus intensive que la plupart des hommes…Little Star est donc sans doute très fortement inspiré du vécu d’Andi Watson. De cette proximité avec le sujet provient sans doute la capacité de l’auteur britannique à faire preuve d’une remarquable finesse d’analyse des problèmes que peut rencontrer un tel père – en décalage avec le reste de la société – de ses aspirations mais aussi de ses contradictions. Avec pour enrichir le propos des digressions scientifiques et métaphysiques – sans doute également très personnelles – touchantes mais parfois un peu tirées en longueur…