Quitter Saigon
Retrouver Saigon
Pour parler des troubles de l’Histoire, il est souvent bon de revenir aux parcours individuels et de demander au passant le témoignage de son quotidien.
C’est le choix de Clément Baloup, qui plonge une nouvelle fois dans le récit du Vietnam et de la migration en mettant en images trois paroles distinctes.
Le père de Clément Baloup est le premier émigrant à se souvenir, autour d’un plat de carry de crevettes, de son départ de Saigon pour la France. M. Nguyen, par contre, n’a pas eu la chance de pouvoir évacuer Saigon en avril 1975, et raconte la réalité des camps de rééducation. Enfin, le troisième récit nous ramène plus tôt dans le siècle pour se consacrer à l’enfance d’un garçon blond poursuivi par les occupants japonais.
Clément Baloup parvient sans effort à rendre l’intimité liée à ces souvenirs. On sent jusque dans ses couleurs l’approfondissement de la recherche de ses racines ; les images vietnamiennes suscitées par les témoignages, en niveaux de gris, contrastent avec les couleurs chaudes du présent. On sent le goût de l’exil dans cette différence. Le passage de la grande Histoire à la petite s’accompagne donc d’une émotion avouée mais pudique.
Une démarche sincère et des témoignages touchants.
Clément
13 Septembre 2006
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C. Baloup
C. Baloup
C. Baloup
Editeur : La Boîte à bulles Collection : Champ libre Juin 2006 - 72 Pages
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