Un corps sort du lit. Lourd et voluptueux, mais sans visage. Car dans le monde de Missy, les visages n’ont pas d’importance. Seuls les corps comptent, leurs formes, leurs déhanchements. Missy le sait bien, qui se déshabille tous les soirs pour les clients d’un cabaret. Pourtant, le succès de ses chairs ne l’empêche pas d’avoir envie d’amour ; et contre l’avis de son patron, elle décide de faire un régime. Mais il n’est pas facile de prendre un nouveau départ, et les rêves sont souvent trompeurs.
La trame est simple, peut-être un peu trop. La quête amoureuse de cette danseuse de charme manque sans doute de surprise malgré la pirouette finale. Par contre l’originalité graphique remporte l’adhésion : cette absence de visage n’est pas une nouveauté, on l’a déjà lue chez Sylvie Fontaine ou Ibn Al Rabin, mais ici elle prend tout son sens dans la description d’un corps en pleine(s) forme(s). Le trait de Hallain Paluku et les couleurs de Svart parviennent à conjuguer sensualité et émotion dans le balancement des hanches, dans une caresse, dans une toilette matinale. Un découpage subtil, qui prend le temps de suivre les courbes de Missy sans pour autant perdre le fil de l’intrigue.