Abigaël Martini
Un martini bien servi
Abigaël Martini est commissaire de police. Enfin plus exactement commissaire stagiaire, affectée dans le dix-septième district des Yvelines. Un coin tranquille où les faits divers font le lot quotidien. Pour sa première enquête, Abigaël doit régler le cas d’un accident de la route : deux cadavres dans une mercedes. Dans la poche de l’un des deux, elle trouve une photo, où une adresse est notée au stylo. L’adresse d’une maison de retraite, à Marseille…
Thomas Azuélos joue à nous servir un polar un brin anodin, dont la bande son tiendrait plus d’un album de Charles Trénet que du crissement des pneus. L’entrée en matière de cette nouvelle justicière rappelle bien des séries existantes, et on peut la comparer avec le District 77 que vient justement de publier le Lombard, mais c’est pour mieux plonger dans une entreprise de quotidien, de détails dérisoires, de paysages inoffensifs. Ce n’est pas véritablement de la parodie, mais plutôt une réappropriation de l’énigme à la « whodunit » par les caractères humains : les seconds rôles, dans les quelques cases qui leur sont le plus souvent attribués, gagnent une profondeur caractéristique. On regrettera juste quelques obscurités dans le passage d’un personnage à l’autre ; car Thomas Azuélos ne fait pas toujours le choix de l’efficacité : il s’attache aux scènes pittoresques, se laisse emporter par l’atmosphère caricaturale d’un café, pour nous donner brusquement une large quantité d’informations.
Mais ce rythme en forme de respiration sert bien un récit léger et plaisant, qui exploite au maximum les gammes graphiques et scénaristiques envisageables. Azuélos nous convainc qu’il y a de nombreuses façons de raconter un polar, et je souhaite pour ma part bien d’autres aventures à Abigaël Martini.
Clément
13 Décembre 2006
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T. Azuélos
T. Azuélos
N&B
Editeur : Carabas Septembre 2006 - 90 Pages
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