Shimon de Samarie T. 2
Les châtiments de la mer morte
Le nom de la rose des sables
Le rabbi Shimon de Samarie continue son enquête autour du meurtre d’Akbor, orfèvre dont le cadavre a été retrouvé dans un cellier. Alors que de fortes présomptions pèsent sur Eli, l’ancien disciple du Rabbi, Shimon doit absolument découvrir le mobile du crime pour tenter de le sauver de la crucifixion.
Sorte de «Nom de la rose » façon antiquité romaine, ce deuxième épisode de Shimon de Samarie met un terme à l’aventure commencée avec « Tu ne tueras point». L’originalité de cette aventure réside dans le choix de l’époque avec sa conjoncture politique complexe et tellement d’actualité. Rome est à l’apogée de son histoire et règne sur tout le bassin méditerranéen. La Palestine, annexée par la Cité Antique en 63 avant JC, est en proie à des mouvements internes de rebellions contre l’occupant. C’est donc dans une atmosphère minée par les rivalités, la haine du traitre collaborateur, que Shimon va essayer de comprendre pourquoi Akbor a été tué.
On peut sentir, dans ce deuxième opus le travail de documentation qu’a dû faire le scénariste Fred Le Berre. Le décor est bien planté et le fonctionnement social et politique de l’époque est plutôt respecté. Sur le plan de la narration, quelques ellipses mal choisies cassent le rythme de la lecture, et font perdre un peu d’épaisseur à une intrigue qui semblait trop dense pour une aventure en deux épisodes. Un troisième tome aurait sûrement permis de prendre le temps de poser et d’exploiter plus en profondeur l’enquête de notre Rabbi.
Le dessin est, pour sa part, maîtrisé et le côté classique du trait sied parfaitement à l’histoire. Le décor et les personnages sont réalisés avec finesse et réalisme. On pourra cependant regretter les cases sans arrière plan autre qu’un aplat de couleur, qui peuvent avoir tendance à casser la fluidité de l’action en cours.
Ce diptyque pouvait paraître risqué, tant l’environnement dans lequel il évolue ressemble à la conjoncture géopolitique actuelle de la même région. N’importe quel auteur aurait pu être tenté d’ouvrir un débat, de prendre position ou de créer la polémique. Ce n’est pas le cas ici : Fred Le Berre se contente de rester dans l’époque qu’il a choisie, avec la distance de celui qui raconte une histoire, en ne prenant qu’un parti, celui de son héros.
Jean-Baptiste
10 Janvier 2007
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F. Le Berre
M. Rouge
C. Rouge
Editeur : Humanoïdes Associés Collection : Dédales Novembre 2006 - 48 Pages
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