Chaque chose
Mon papa, ce gros nounours
Julien Neel se rend au chevet de son père qui vient d’être hospitalisé et se trouve entre la vie et la mort. Cela le ramène à son enfance, quand son prestidigitateur de géniteur l’a amené avec lui lors d’une tournée d’été sur des plages : le papa, vêtu d’un costume de nounours bleu, représentait le personnage emblématique d’une marque de bonbonnes de gaz.
Chaque chose est une petite merveille de construction, tout en étant une grande bouffée de tendresse. Le récit, fluide, alterne présent et retours en arrière avec une habileté remarquable. Les enchaînements entre le présent et le passé évoquent les fondus enchaînés cinématographiques, liant deux actions identiques. Chaque chose juxtapose ainsi deux événements qui se répondent et confrontent un adulte devenu père à l’enfant qu’il était. Sans tambour ni trompette, Julien Neel parle simplement de moments fondamentaux, graves ou légers, qui nourrissent les vies humaines et font de nous ce que nous sommes. Il pointe également la singularité de certaines situations qui, lorsque nous les vivons, paraissent appartenir davantage à la fiction qu’à la réalité. Le dessin, plus burlesque que réaliste, accentue l’émotion dégagée par cette histoire. Simultanément, Chaque chose fout le cafard et fait du bien, conduit au sourire et file le frisson. Bravo !
Boris
10 Janvier 2007
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J. Neel
J. Neel
C. Neel
Editeur : Gallimard Collection : Bayou Novembre 2006 - 100 Pages
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