Fleur d'ébène
Les comptes du colonialisme
Tout juste vingt ans après leur étonnante première œuvre en commun («Congo 40»), pré-publiée dans feu le mensuel (A Suivre) des éditions Casterman, et qui sera suivi, cinq ans plus tard, par «Equatoriales», le duo Warnauts et Raives, belges de leur état, reviennent sur la période colonisatrice subie par le Congo : mais cette fois-ci, nous sommes à la fin des années 1950, à la veille de l’indépendance, juste avant que ce pays ne devienne le Zaïre.
Dans ce contexte de tensions et d’agitations politiques, un jeune fonctionnaire de police s’évertue à faire la lumière sur le décès suspect d’un homme noir : un simple «nègre» comme on le dit dans la communauté minoritaire des colons blancs, mais aussi, et surtout, un activiste politique bien connu. L’affaire se complique car, en fait, c’est au retour d’une bringue d’enfer, sur une piste défoncée, que la voiture de deux couples illégitimes (hommes blancs «au-dessus de tous soupçons» et femmes noires vendant facilement leurs corps) a roulé sur le défunt.
Eh oui, toutes les pulsations sensuelles et enivrantes de l’Afrique irradient ce récit, certes exotique, mais à l’érotisme tour à tour brûlant et poisseux, où les différents protagonistes conservent des pulsions quasi animales : un polar original, dessiné à quatre mains (mais c’est Warnauts qui écrit le scénario, alors que Raives est plutôt préposé à la couleur), lequel démontre, une fois de plus, l’évident talent des deux compères !
Gilles
14 Fevrier 2007
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Warnauts
Warnauts, Raives
Raives
Editeur : Casterman Janvier 2007 - 64 Pages
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