Quelque chose ne tourne pas rond dans la tour de la Chance. Toutes les lumières s’éteignent à 21h56 précises, et de nombreuses morts se produisent. Un inspecteur est chargé de l’enquête ; il rencontre un jeune psychopompe bien décidé à l’aider. C’est que cette affaire semble bien plus fantastique qu’elle ne l’annonçait, hantée (c’est le cas de le dire) par le fantôme d’une jeune femme suicidée.
Kang Full s’est fait connaître comme un des principaux dessinateurs coréens sur Internet, à partir de formes courtes ; cette série d’horreur en deux volumes montre qu’il est à l’aise avec les longues histoires. Le récit enveloppe chacun des personnages avec adresse et en maintenant un suspense de bon aloi. Un portrait de société très moral, qui mêle les clichés fantastiques avec un œil du quotidien.
Malheureusement, le ton fantastique très cru, les ambiances bien posées, souffrent du dessin naïf, figé et multipliant les effets numériques faciles. Le contraste entre la légèreté formelle et le sérieux de la narration casse la peur sans trop rien produire en échange. Dommage, on n’est pas passé loin !