Dixie Road T. 4
Fin de route
Dans les États-Unis des années 1930, Dixie apprend la vie, entre un père bandit et indépendant par nécessité et une mère héritière d'une grande famille qu'elle a fui. C'est la fin de la route pour cette famille que le rêve américain achèvera de décomposer...
Jean Dufaux s'est fait une spécialité de nous raconter des histoires où le fantastique et la parapsychologie ont une part prépondérante, comme dans Rapaces avec Marini, Jessica Blandy avec Dufaux ou Fox avec J.F. Charles. Une série comme Dixie Road, créée en 1998 avec Hugues Labiano, fait en ce sens exception à la règle : ici, nulle intervention paranormale, et pas la moindre dimension fantastique. Dixie, son père et sa mère ne sont confrontés qu'à des hommes, eux-mêmes aux prises avec un environnement social dur : le camp de Silver Creek, où se sont réfugiés Jones et les deux femmes de sa vie, sera le théâtre d'un soulèvement d'ouvriers maté dans le sang. Les hommes qui poursuivent le trio touchent enfin leur but, et ce cycle de quatre albums se conclut de façon étrange, presque sereine. La tempête retombe, le drame glisse sur les "héros" de cette histoire tout-à-coup banale. Ballottés par la pauvreté qu'ils ont choisie et les mauvaises rencontres qu'ils auraient dû éviter, les acteurs sont abandonnés au bord de la route. Prêts à repartir ? Pas si sûr.
Si Hugues Labiano a pris son temps pour finir cet album, son encrage dense et le traitement si personnel qu'il applique aux visages font mouche comme dans les tomes précédents, son travail est servi par une superbe mise en couleurs de Marie-Paule Alluard à qui l'impression rend cette fois hommage (ce n'était pas le cas dans le tome 3). Cette dernière livre ici des planches beaucoup plus personnelles que le travail "normalisé" qu'elle produit pour M. Winch, le célèbre milliardaire de la télé.
Au final, les quatre albums de Dixie Road sont une raison de plus de penser que la bande dessinée est à même de produire un spectacle dessiné de qualité, même si ce quatrième tome me laisse un petit goût d'inachevé... De nostalgie, presque.
Une chronique signée Pascal
Invité
28 Fevrier 2001
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J. Dufaux
H. Labiano
Editeur : Dargaud Fevrier 2001 - 48 Pages
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