C’est quand on vadrouille aux quatre coins du monde qu’on réalise à quel point on est bien chez soi. Ce constat se vérifie d’autant plus lorsque les amis qui vous accueillent n’y vont pas avec le dos de la cuillère lorsqu’ils vous parlent de leur environnement quotidien. C’est donc avec un œil circonspect que Joann Sfar observe les habitants du pays du soleil levant, avec au cœur des discussions, les relations entre français expatriées et japonaises...
Passionné de comics américains, Sfar est nettement plus enthousiaste à l’idée d’atterrir à San Francisco. Mais dans un cas comme dans l’autre, rien ne vaut le retour aux potes, à Alexandre Dumas, aux bistrots parisiens et au petit Raoul qui lui manque tant, pour recharger les batteries.
Les carnets de Sfar… Entre le regard de l’artiste et les réflexions amusées d’un français de 35 ans aux préoccupations finalement assez contemporaines, les 250 pages sont une sorte de catalogue d’instantanés livrés aux envies du lecteur. Les double-pages de textes manuscrits sont même un défi à celui qui se fait fort de ne pas en perdre une miette... Comme à son habitude, Sfar nous restitue tout ce qui lui passe par la tête, ce qui est à la fois passionnant (souvent) et frustrant (voire énervant) lorsqu’il expose ses convictions politiques sans véritables arguments associés. Mais bon, il est comme ça Sfar. Et il est possible d’aimer la salade niçoise sans aimer les anchois…