Les Vaincus
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Apoo, le messager royal, passe sa vie à courir sur les routes du royaume inca afin de délivrer les nouvelles. Solitaire et peu bavard, il a peu d’ami si ce n’est K’anchay, le vieux sage aux talents divinatoires. Et quand des navires espagnols accostent, débarquant leurs troupes en armes - que les incas prennent en premier lieu pour des dieux - l’oracle lui prédit un avenir bien sombre : « Les venus de loin n’apportent que désastres et épidémies… Le monde dans lequel nous vivons touche à sa fin. »
Devant la débâcle des troupes de l’Inca, Apoo n’a plus qu’un seul désir : retrouver et sauver sa sœur, enfermée dans la Maison des Vierges à Cuzco.
L’univers des Incas, Frantz Duchazeau l’avait déjà exploré, en compagnie du scénariste Fabien Vehlmann, à l’occasion d’un diptyque paru dans la collection Poisson Pilote, La Nuit de l’Inca. Pour ce livre en noir et blanc, il adopte un style légèrement plus réaliste. Surtout, il donne à son dessin une ampleur plus impressionnante encore, jouant à merveille du pinceau sec, de la plume pour jouer élégamment sur les masses de noir, sur des halos, des griffures.
Les Vaincus s’inscrit dans la veine du roman historique, mêlant petite et grande histoire. A travers le regard d’Apoo, on découvre comment les incas ont perçu les colons, on comprend comment l’inca s’est laissé mystifié par ces étrangers armés de fusil. Le point de vue est intéressant. Par contre, Apoo a trop un rôle d’observateur, les scènes clés de l’histoire inca sont racontées avec distance pour que le destin individuel du messager, incarne la destinée de son peuple. Du coup, grande et petite histoire se côtoient malheureusement sans se mêler intimement, sans se renforcer l’un l’autre.
Avec la publication des Vaincus, il est à signaler que Dargaud effectue son retour dans un genre, le roman graphique qu’il avait exploré avec bonheur au cours des années 1990, avec par exemple les récits d’Autheman (Le filet de Saint Pierre dès 1992) ou de Sfar (Paris-Londres en 1998). Dans quel objectif ? Mystère puisque l’éditeur n’a pas communiqué sur le sujet. Véritable stratégie d’élargissement du catalogue (ce serait surprenant, quelques années seulement après avoir cédé les droits de Paris Londres, par exemple à L’Association…) ? Accompagnement d’auteurs dont on préfère qu’ils n’aillent pas trop voir ailleurs ? La suite des événements nous l’apprendra.
Vincent
27 Juin 2007
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F. Duchazeau
F. Duchazeau
N&B
Editeur : Dargaud Juin 2007 - 168 Pages
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