Alors qu’il agonisait de froid dans sa tente, l’alpiniste Sakamoto a pris le soin de consigner dans son carnet sa dernière volonté : que son ami Shiga veille sur sa fille Megumi. Aussi, quand il reçoit un appel de Tokyo pour lui dire que la jeune fille a disparu, Shiga n’hésite pas une seconde et quitte instantanément le refuge où il vit pour rejoindre Tokyo. Il est bien décidé à tout entreprendre pour retrouver Shiga. Il entame son enquête en questionnant les camarades de lycée de la disparue. Il découvre rapidement que sa protégée fréquentait les quartiers chauds de Tokyo.
Le Sauveteur est un ouvrage qui se situe dans la bibliographie de Jirô Taniguchi à mi chemin entre ses récits intimistes et urbains et ses épopées montagnardes. Shiga est un alpiniste chevronné. Il parle peu, cache ses sentiments. Il plonge dans un monde dont il ignore tout. Par fidélité pour son ami. Même s’il dissimule ses propres blessures que cette histoire ravive.
Le portrait est assez finement ciselé, comme sait le faire Taniguchi. L’histoire est habilement menée, avec un suspense plutôt prenant – même si la fin est un peu attendue. Pourtant, ces qualités ne suffisent pas à faire de cet album le livre d’exception que l’on est en droit d’attendre de ce mangaka d’exception et on en sort comme de la lecture d’un polar un peu trop mélo. Bien mais pas inoubliable.