Durandur… ta gueule !
Exploser ou s’exposer ?
Un homme est séduit par une femme, non par sa beauté, mais par son odeur d’excrément et il est au comble du bonheur lorsqu’il s’aperçoit qu’elle a un anus artificiel. Un paysan donne des coups de burin à tout ce qui se trouve sur son passage. Un Japonais se fait hara-kiri et, entre les cases mettant en scène son suicide, Durandur intercale de petites annonces portant sur ce qu’il cherche à vendre ou à acheter…
Durandur continue de nous plonger au plus profond de l’être humain, dans le sang, la merde et tout ce qui va avec. Si tout cela est sans concession et gore, parfois à la limite du supportable, ce n’est pas gratuit. Par son sens de la provocation qui n’y va pas avec le dos de la cuillère, Durandur évoque certaines œuvres d’un Bertrand Blier ; mais en ayant un véritable discours - parfois presque de l’ordre du documentaire, notamment à propos de l’éjaculation féminine -, il rappelle la démarche d’un Georges Bataille. S’il signe des images dures, il souligne le pouvoir de ces dernières et notre attirance/haine à leur égard. Son entreprise sans concession est singulière dans la bande dessinée contemporaine ; elle n’en est que plus passionnante.
Boris
29 Aout 2007
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Durandur
Durandur
N&B
Editeur : Carabas Collection : Révolution Juin 2007 - 144 Pages
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