Amours fragiles T. 3
Maria
Allemand mais pas nazis
En 1943, l’issue de la guerre devient très incertaine pour les allemands. L’avancée de leurs troupes en Russie a été stoppée à Stalingrad. Martin, lieutenant dans la Wehrmacht en poste dans le Sud-est de la France, redoute de se voir envoyé sur le front caucasien. Au point de songer à déserter…
De son côté Maria – dont il fut jadis très proche – est devenue secrétaire médicale à côté de Coblence. Elle qui n’a jamais porté le régime nazi en son cœur ressent très durement le climat de suspicion et de délation qui règne dans le pays. Aussi, quand elle découvre qu’un de ses proches appartient à une organisation clandestine d’opposition, elle n’hésite pas à franchir le pas et à rejoindre leurs rangs.
Il avait fallu attendre cinq ans pour découvrir enfin le second volume de ces Amours fragiles, ballottés par les tourments de l’histoire. Il semble que les albums de cette série – probablement au nombre de huit – paraîtront désormais à un rythme plus soutenu d’un tous les ans. Une nouvelle réjouissante tant les personnages de cette fresque historique nous sont devenus chers.
C’est une des grandes forces de Philippe Richelle que de savoir donner une épaisseur humaine à chacun des personnages qu’il met en scène. Ce troisième volet délaisse quelque peu Martin, le personnage principal, pour s’intéresser plus particulièrement au sort de Maria, mère célibataire menant une existence a priori des plus banales dans une petite bourgade comme tant d’autres. La destinée de la jeune femme est l’occasion pour le scénariste des Coulisses du pouvoir de nous présenter la vie quotidienne des allemands durant la guerre, loin des caricatures usuelles.
Bien que se situant dans un contexte historique bien marqué, Amours fragiles n’apparaît pas comme une BD historique au sens habituel du terme car, ce qui est au centre de l’histoire, ce qui retient l’intérêt du lecteur, c’est avant tout le devenir, les émotions des protagonistes de cette fresque. Dommage tout de même que chaque album ne puisse désormais compter que 54 pages, car on ressent assez nettement le besoin pour les auteurs de pouvoir faire courir leur récit sur plus de distance et pour le lecteur l’envie de quitter moins brutalement cet univers où il s’est immergé entièrement.
Graphiquement, Jean-Michel Beuriot pose désormais davantage son trait, de façon plus "régulière", tout en préservant sa finesse et son dynamisme. Côté couleurs, le travail subtil de Scarlett Smulkowski s’inscrit parfaitement dans le prolongement des aquarelles du premier tome sans parvenir toutefois à les faire oublier, certaines teintes présentant des reflets un peu trop métalliques à mon goût.
Pour seulement son troisième tome, Amours Fragiles apparaît déjà, comme un classique de la bande dessinée, incontournable dans toute bonne bibliothèque digne de ce nom.
Vincent
05 Septembre 2007
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P. Richelle
Beuriot
Scarlett
Editeur : Casterman Aout 2007 - 54 Pages
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