Le patron de Jérôme part reprendre la librairie de son frère à la capitale ; il propose à son employé de lui léguer sa propre librairie. Jérôme s’interroge alors sur les choix qu’il doit faire ; il se demande notamment si devenir véritablement libraire ne va pas l’empêcher de continuer à écrire. Il s’entretient de tout cela - et de bien d’autres choses - avec Sultana, sa principale confidente - et bien aimée ?
« Jérôme d’Alphagraph » est une œuvre véritablement singulière. L’ambiance conçue par Nylso est digne d’un improbable croisement entre les contes des Mille et Une Nuits et Le petit cirque de Fred. Jérôme passe de la ville à la campagne, de la librairie à sa roulotte, dissertant seul ou avec ses amies. Ici, questionnement personnel et vision d’ensemble de la nature humaine et du monde s’entremêlent très finement. L’art de Nylso évoque ceux de Lewis Trondheim, Joann Sfar et, surtout, celui du grand Fred susnommé - ce notamment par certains partis pris de découpage et par le souffle poétique -, mais Nylso développe un style et un rythme finalement bien à lui. Jérôme et Sultana nous transporte dans un ailleurs à la fois dépaysant et étrangement familier. Cet ouvrage n’a de cesse de nous surprendre, tout en étant fréquemment en adéquation avec nos préoccupations les plus intimes, suscitant en nous de nombreuses réflexions et émotions. Lire cet album fait du bien.