Dans un Japon archaïque, Ginko est un mushishi. C’est-à-dire qu’il entretient un rapport intime et nourri avec les formes de vie multiples qui hantent les campagnes, positives ou maléfiques, mais toujours mystérieuses. Ces formes de vie primitives se tiennent sur un équilibre fragile avec les populations humaines, et Ginko s’arrange pour préserver les écosystèmes au hasard de ses pérégrinations.
Ce chasseur de créatures écologiste et bienveillant nous donne une image ce qu’auraient pu être les Pokémon racontés par Miyasaki. Ses courtes aventures se lisent avec tendresse et étonnement : Yuki Urushibara prouve en même temps la richesse de son imaginaire et celle de son trait. Elle trouve les anecdotes fantastiques capables de nous relier aux mythes fondateurs et de nous accrocher pourtant par leur nouveauté. Elle a surtout le bon goût de limiter les portraits de son bestiaire, concentrant ses vignettes sur des relations humaines sensibles et sur la nature en action. De sorte qu'on se laisse entraîner par l'ambiance fantastique et poétique d'un monde souterrain qui ne se montre jamais tout à fait. Cet éloge de l'invisible et de ses mystères déploie une élégance bien agréable.