Chez Francisque T. 2
C'est pas que je les aime pas les arabes... au contraire même....
C’est comme ça chez Francisque. Un coude sur le bar, la jambe croisée, le ballon de rouge à la main et allonzy les ragots, les états d’âme, les rumeurs, les grandes pensées ou les coups bas. Tous au plus bas de l’échelle de la tolérance, du recul sur soi, du second degré et de la finesse d’esprit, les clients béats de « Chez Francisque » continuent dans un deuxième opus leur récréation alcoolique, bête et un peu méchante aussi.
Larcenet au dessin, parfois on pourrait penser à du Reiser, c’est vrai. C’est d’autant plus vrai quand ce dernier se met à faire dans le cynique, le grinçant ou le méchant, forcement ça vous pond une filiation, pas forcement choisie, mais tout de même honorable…. Comme pourrait le dire l’un de ces (anti) héros alcolo : « c’est quand même mieux que d’être le fils à Pétain ! ».
Le pire avec ces petites brèves et ces personnages qui les autorisent, c’est qu’on a toujours été témoins d’au moins une de ces scènes. Un témoin, qui ne fait que passer acheter un paquet de clope ou boire des bières avec quelques copains… qui ne fait pas attention quoi… Et il faut qu’elles soient couchées sur papier pour que, enfin, ces morceaux de profonde humanité nous sautent à la tête et nous fassent rire avec une pointe de pitié et de commisération.
Larcenet et Lindingre nous transforment donc en témoins assistés. Avec une simplicité qui sied à ce genre d’exercice : des cases sans contours, des personnages croqués, une valeur de plan quasi immuable (plan américain des personnages qui « discutent »), ils retranscrivent sans partis pris apparent les moments funestes où une certaine misère prend le pas sur tout le reste, les moments qui font de ces personnages ordinaires, des personnages encore plus ordinaires…
Jean-Baptiste
28 Novembre 2007
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Lindingre
M. Larcenet
Editeur : Fluide Glacial Novembre 2007 - 56 Pages
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