Une Enquête du commissaire Crémèr T. 1
Crémèr et le maillon faible de Sumatra
Homme ou singe ? Coupable ou irresponsable ?
Le Commissaire Crémèr est parti en croisière se changer les idées, accompagné toutefois de son fidèle adjoint Lucas, on se demande bien pourquoi ? Peut-être pressentait-il qu’une affaire criminelle ne saurait manquer de se présenter, même à l’occasion de ses vacances… Tout avait plutôt bien commencé, même si Jessica, sa chienne, faisait parfois des siennes : Crémer s’est lié à trois passagers fin débatteurs qui adorent affronter – au sens littéral du terme – leurs points de vue sur la théorie de l’évolution.
Suite à une escale forcée due à une avarie moteur, tous les passagers se retrouvent coincés à proximité d’une petite île de Sumatra. C’est sur celle-ci que se produira le drame : un des passagers se retrouve occis par un arbre malencontreusement abattu par un kouyû-kouyû, sorte de singe étrangement humain. Le Commissaire Crémèr bondit sur l’individu et l’interpelle aussitôt. Mais se pose alors un grave dilemme pour le policier belge : a-t-il arrêté un dangereux criminel ou un simple animal ? La question est d’importance puisque ces animaux pullulent sur l’île où ils sont notablement asservis.
En parallèle donc à la parution aux éditions Delcourt du récit historique Fritz Haber, David Vandermeulen nous gratifie donc d’une bande dessinée parodique – et philosophique – plus dans la veine de ses premières bandes dessinées. Le personnage de Crémèr est ainsi le sosie de l’acteur bien connu et le ton du récit très humoristique. Il n’empêche que le propos – librement inspiré par Plus ou moins l’homme et Les Animaux dénaturés de Vercors – est bien plus sérieux qu’il ne pourrait y paraître à première vue, traitant des natures humaines et animales, de l’esclavage, de la lâcheté, de la compromission.
Dommage que le début du récit traîne un peu en longueur et que l’enthousiasme du lecteur ne soit suscité qu’en deuxième partie d’ouvrage quand le cas de conscience de Crémèr devient plus aigu.
Au dessin, Daniel Casenave, surtout connu pour ses adaptations littéraires, est fidèle à lui-même avec un dessin toutefois un poil moins griffé qu’à l’accoutumée, afin de laisser parler la couleur de Patrice Larcenet, comme il l’avait précédemment fait pour Une aventure rocambolesque d’Attila le Hun sur un scénario du frère de ce dernier, Manu Larcenet.
Une première enquête réjouissante donc et qui prête joliment à réflexion. Espérons seulement que ce policier-là rencontre plus de succès auprès du public que son prédécesseur dans la collection Poisson Pilote, L’Inspecteur Moroni mis en scène par Guy Delisle.
Vincent
23 Janvier 2008
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D. Vandermeulen
D. Casanave
P. Larcenet
Editeur : Dargaud Collection : Poisson Pilote Janvier 2008 - 56 Pages
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