Borderline T. 1
Les mots de la nuit
Pétard, littérature et séquestrations
Fernando est un romancier en mal d’inspiration. Son précédent roman n’a pas dépassé les 3000 exemplaires, ce qui lui vaut le plaisir d’être souvent réveillé par sa banquière… Pour se remonter le moral, il s’offre les services de la plus jolie des psys en la personne d’une pute, qu’il paye uniquement pour discuter… A force de gamberger, il atterrit dans une soirée entre amis des plus arrosées. Il prend quelques bouffées d'un joint roulé à base d'herbes du Chili (ramenées de voyage par un ami). Le lendemain au réveil, avec une terrible gueule de bois, il se rend compte qu’il a écrit le premier tiers d’un roman génial et morbide…
Si le personnage du romancier en manque d’imagination est un grand classique, il faut reconnaître à Alexis Robin le mérite d’avoir su mélanger efficacement les genres, pour aboutir à ce thriller psychologique. L’introduction du personnage et de ses travers est menée selon le bon tempo pour que l’emballage final ne fasse pas « précipité ». Le lien entre l’imagination subitement retrouvée et un fait divers des plus glauques est par ailleurs consolidé par les petits détails d’auteurs qui le rendent « crédible » : l’univers du serial-killer alsacien, le petit éditeur qui risque d’exploser en cas de procès (malgré le tirage confidentiel du livre), etc.
Nathalie Berr accompagne le récit dans un style réaliste qui ne permet aucune approximation. La dessinatrice s’en sort plutôt bien, malgré un détail amusant : le Fernando de la couverture ressemble de toute évidence à Jean Reno, ce qui est moins le cas du personnage dans bon nombre de séquences... Une série à suivre sous forme d’histoires indépendantes.
Francis
06 Fevrier 2008
|
A. Robin
Berr
Editeur : Bamboo Collection : Grand Angle Janvier 2008 - 48 Pages
|