Effleurés
Le prince et la pauvre
Christophe est chef de service dans une boite quelconque. Il est sollicité par un collègue pour faire la morale à une jeune stagiaire, prise en flagrant délit de photocopies personnelles. La mort dans l'âme, il part s'acquitter de cette désagréable mission, mais tombe sous le charme de la demoiselle. Décomplexée, Fleur réveille en lui des sentiments qu'il croyait avoir oublié depuis longtemps. Reste à accepter et faire accepter cette relation socialement contre-nature... Car si Fleur est décomplexée et se moque du regard des autres, sa décontraction atteint tout de même ses limites lorsque ce sont les proches de Christophe (ou ses parents) qui mettent leurs nez dans cette affaire...
Chronique douce amère, Effleurés joue avec une situation banale et pourtant exceptionnelle : une histoire amoureuse entre un cadre et une marginale. La différence de prestige sociale et de schémas de vie pèse irrémédiablement sur cette relation née de manière pourtant si naturelle… Les moments intimes vécus loin des horaires de bureau tranchent avec chaque rencontre… Que ce soit les amis, les proches ou les collègues, rares sont ceux qui occultent le paramètre social dans leur approche du couple. Disposant d’un recul confortable, le lecteur en oublie d'ailleurs facilement que son regard serait lui aussi perturbé en de pareilles circonstances… Dargaud publie là une jolie réflexion qui s’intègre dans cet effort (assez soudain) de promouvoir une bande dessinée européenne d’influence japonaise. Influencé par le dessin animé nippon, Sylvian Limousi joue beaucoup sur la luminosité de ses couleurs pour dynamiser son récit. Les éclairages, mais aussi la variété du découpage (de 3 à 7 bandes) accompagnent le lecteur à travers les 72 pages de cette fable sociale simple et méditative.
Francis
20 Fevrier 2008
|
I. Bauthian
S. Limousi
S. Limousi
Editeur : Dargaud Janvier 2008 - 72 Pages
|