Lady Snow Blood T. 2
Vengeance sanglante
La vengeance pour seul horizon
Lady Snowblood est une tueuse à gages sans pitié et sans faiblesse. Pour 1000 yens, elle exécute les missions les plus périlleuses, sachant jouer sur son apparence de femme innocente, se grimer et user de toutes les techniques de combat. Son sabre, elle le porte en permanence sur elle, dissimulée dans le manche de son ombrelle (un peu à la manière de Lone Wolf qui lui, le dissimule dans le montant du berceau de son fils)…
Elle tire son nom de ses origines : elle est née en prison, un jour de neige, enfantée par une femme morte des suites de l’accouchement. Pour avoir cette enfant, la prisonnière avait séduit tous les mâles de la prison, du gardien à l’aumônier. Emprisonnée à vie, elle n’avait aucune chance de mener sa vengeance à son terme. Elle confia donc celle-ci à sa fille… A charge pour elle de tuer les trois êtres malfaisants qui avaient tué son mari et abusé d’elle. Le quatrième, elle s’en était déjà chargée et avait écopé pour cela d’une peine de rétention à perpétuité. Lady Snowblood a donc forgé son corps et son esprit pour mener à bien cette mission. Sans faiblesse…
Voici donc mené à son terme le fameux manga qui aurait inspiré Tarantino pour créer Kill Bill. Son scénariste est tout sauf un inconnu, même en France. On lui doit notamment Crying Freeman ainsi que Lone Wolf and cub. Bien des similitudes rapprochent d’ailleurs Lady Snow Blood de cette dernière : si le format du récit est bien plus court cette fois, on retrouve un récit structuré en multiples missions enchaînées avec une trame principale du récit qui ne fait l’objet que d’un nombre limité de chapitres. Le héros a un apparence surprenante, pour le lecteur par rapport aux conventions de ce type de récit, pour ses ennemis, par rapport au profil habituel du guerrier (ici, une femme, là un père et son fils en landau…). Le personnage est mû par un désir de vengeance et ne laisse que rarement parler ses sentiments. Pour autant, Koike sait nous le rendre attachant.
Grande différence, Lady Snow Blood a été créé – dans les années 1970 – pour le magazine Play Boy, version nippone. Du coup, les scènes érotiques sont nombreuses mais, vu la personnalité du héros, rarement sentimentales et le plus souvent violentes ou manipulatoires…
Dans un graphisme plutôt réaliste mais très marqué par la tradition du manga, l’histoire nous est racontée avec une grande fluidité, de longs passages muets installant de saisissantes ambiances et permettant des ruptures de rythme entre scènes de dialogues, de confrontations et de combats.
Même si le sort de chacun des ennemis de la belle guerrière semble inexorable tant celle-ci n’a – malheureusement – aucune faiblesse, cette saga, en deux tomes de 500 pages chacun captive votre attention et ne vous lâche qu’une fois cette sanglante et impitoyable vengeance assouvie.
Du bon manga d’aventure historique, érotique destiné aux grands adolescents et adultes.
Vincent
05 Mars 2008
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K. Koike
K. Kamimura
N&B
Editeur : Kana Collection : Sensei Janvier 2008 - 528 Pages
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