Le Livre des destins T. 2
La Métamorphose
Connaître le futur pour le maîtriser
Roman, jeune homme légèrement introverti au nom prédestiné - choisi par sa défunte mère - est perpétuellement plongé dans les livres d’aventure, s’identifiant systématiquement aux héros de ses lectures ou dialoguant avec ceux-ci (notamment le si symbolique Peter Pan). Au détour d'une allée de bibliothèque, un fugitif lui transmet un étrange ouvrage qui est censé contenir l’histoire de sa propre vie. Deux individus surgissent sur ces entrefaits pour lui dérober ce précieux sésame. Epaulé par une pétillante journaliste et un baroudeur de série B, notre lecteur impénitent, que l’on retrouvera affreusement brûlé dans ce 2ème opus, tente alors de récupérer l’ouvrage dérobé, partant ainsi à la recherche de son futur et quittant, de force, le royaume de l'enfance pour entrer dans la vraie vie, par l’intermédiaire de sa passion… Les dangers qui le guettent ne manquent pas, ce livre prophétique aiguisant les appétits les plus variés, notamment ceux des nazis.
Cela faisait quatre ans que l’on attendait la suite de ces aventures situées en plein dans les troubles de l’entre-deux-guerre et qui sont aussi trépidantes que celles vécues sur grand écran par un Indiana Jones. Et, une fois de plus, nous ne sommes pas déçus par le savoir-faire du scénariste de séries cultes telles que La quête de l’oiseau du temps ou Chinaman qui réussit à nous faire évoluer sans cesse entre réalité, grande aventure et imaginaire avec des personnages dont on ne sait jamais s'ils jouent double ou triple jeu (même si on peut parfois regretter un recours un peu trop appuyé - parodique ? - à divers stéréotypes) ! Serge Le Tendre jongle également fort habilement avec le curseur du temps, décalant ce second tome de plusieurs semaines par rapport au premier et revenant ensuite sur les événements qui se sont déroulés entre-temps.
Quant au dessinateur de Galfalek, il illustre ce passionnant triptyque avec un style semi-réaliste dynamique, parsemé d’aplats noirs et de pinceau sec du meilleur effet, où l’on ressent l'influence aussi bien des comics américains et de certains artistes français tels que Christian Rossi (W.E.S.T., Jim Cutlass, et quelques ouvrages avec notamment... Serge Le Tendre !). Il prend un plaisir évident usage de toute l'étendue de son talent, variant son style en fonction des séquences, de leurs ambiances ou de leur degré de réalisme (flashs-backs, lectures du héros).
Cette chronique est également l’occasion de signaler que le catalogue Soleil se diversifie de plus en plus, accentuant son côté fantastico-ésotéro-réaliste, grâce à des scénaristes souvent remarquables. En effet, des auteurs tels que Valérie Mangin (ruez-vous sur le tome 2 de son excellent KGB ou sur le 3ème volume de son Luxley), comme Jean-Charles Gaudin (Les arcanes du Midi-Minuit, Le feul ou Lans Sirling), comme Nicolas Tackian (Le syndrome de Caïn ou La XIe plaie), ou comme Novy alias Hervé Loiselet (Les carnets secrets du Vatican), viennent renouveler efficacement, sur le plan de la narration, le talentueux team créatif déjà en place, que certains ont, hélas, encore tendance à trop mal considérer !
Gilles & Vincent
09 Avril 2008
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S. Le Tendre
F. Biancarelli
F. Biancarelli
Editeur : Soleil Collection : Latitudes Janvier 2008 - 48 Pages
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