Romance Killer T. 1
J’étais un tueur
Il était LE Tueur. Celui qu’on respecte et qu’on admire. Le Royal Killer. Mais il est tombé amoureux d’une de ses victimes alors qu’il la tenait au bout de son pistolet. Pour elle, il a tout abandonné et vit désormais à ses côtés, sagement. Sa fille à elle, il s’y est attaché comme s’il était réellement son père. Au point d’être bouleversé quand le directeur de l’école où elle étudie leur annonce que leur fille fréquente des hommes d’âge mûr – de son âge donc – sans doute entraînée par une copine à elle.
Plus rien dans sa vie actuelle, ne vient lui rappeler sa vie d’antan. Si ce n’est l’admiration que lui voue Bong Man, un Killer encore inexpérimenté.
De Royal Killer, il est désormais devenu Romance Killer. Et il va tenter d’aider l’amie de sa fille. Au risque de faire basculer sa propre vie.
Doha a vraiment un ton et une patte. Après Catsby, il nous en fournit une seconde preuve avec ce remarquables Romance Killer. Il met en scène ses bandes dessinées comme des films, jouant sur de subtiles variations de ses dessins (sans doute réutilisant des décors et dessins de personnages indépendants et montés à la manière des dessins animés), champs / contre-champs, zoom avant et arrière, construction de la page éclatée avec des cases jamais ordonnées régulièrement, retour en arrière dans le passé, projection dans le futur proche. Mais toujours avec une parfaite fluidité de narration.
Son tueur, à l’image de celui de Jacamon et Matz, partage généreusement chacune de ses pensées intimes avec e lecteur. Et elles sont abondantes. Mais le tueur de Doha est rangé des voitures. Ses préoccupations sont métaphysiques mais plus orientées sur l’amour que sur la mort.
La thématique des amours entre quadragénaire et adolescente n’est certes pas nouvelle. Mais le traitement qu’en fait le dessinateur coréen balaye toute impression de déjà vu.
Vincent
07 Mai 2008
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Doha
Doha
Doha
Editeur : Casterman Collection : Hanguk Fevrier 2008 - 432 Pages
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