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La Guerre d'Alan T. 3
Un homme se raconte
La seconde guerre mondiale est désormais terminée. Suite aux accords de Yalta, l’unité d’Ingram Cope, qui stationnait en Bohème, se retrouve rapatriée en Allemagne, du côté de Regensburg. Malgré les consignes, le jeune militaire américain ne peut s’empêcher de sympathiser avec les allemands qu’il rencontre, notamment deux jeunes musiciens qui se produisent au mess des officiers. Mais il doit bientôt partir pour les Alpes, devenant l’assistant personnel d’un aumônier de l’armée. Pourtant il garde contact avec la famille des deux jeunes gens. Ainsi en ira sa vie, où il recroisera presque tous ceux dont il a apprécié la compagnie, même après être resté des années sans échanger de nouvelles…
Démobilisé, Ingram signera un contrat civil afin de demeurer quelques temps en Europe. Il finira par retourner chez lui… pour revenir bientôt s’installer sur le vieux continent.
Les premières pages de La Guerre d’Alan furent publiées dès 1997 dans la revue Lapin. Voici donc, plus de dix ans après, le terme de cette biographie sensible. Lors de la parution du premier tome, Emmanuel Guibert était encore un – talentueux – inconnu. Il est désormais considéré comme un maître du neuvième art, avec à son actif de multiples épisodes de Sardine de l’espace, trois tomes des Olives noires et surtout trois volumes du Photographe, ouvrage auquel il doit l'essentiel de sa notoriété.
Cette Guerre d’Alan est un récit étonnant à plus d’un titre : dans ces mémoires de guerre, aucun combat où presque à mentionner. Dans ce récit intime, les rencontres les moins détaillées… sont celles qui s’inscrivent dans le registre amoureux. Ingram Cope peut raconter en détail une excursion au Sequoias Park et présenter expéditivement, au simple coin d’une case, celle qui deviendra sa femme.
Malgré – ou à cause de – ces oublis pudiques, la personnalité du narrateur affleure à chaque page. On ne sait de lui que ce qu’il veut bien nous dire mais en est d’autant plus présent, plus humain, plus réel.
Emmanuel Guibert retranscrit fidèlement le récit que lui a fait son vieil ami. D’autant plus fidèlement, sans doute, dans ce troisième tome, que son ami, aujourd’hui disparu, ne pouvait plus lui apporter de corrections.
L'auteur met ainsi tout son art au service de son histoire, avec humilité et talent. Une œuvre forte.
PS : de façon inhabituelle pour L’Association, cet ouvrage est entaché de multiples fautes d’orthographe. Quel dommage…
Vincent
04 Juin 2008
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E. Guibert
E. Guibert
N&B
Editeur : L' Association Collection : Ciboulette Mars 2008 - 126 Pages
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 © 2008 E. Guibert, N&B - L' Association
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05 Juin 2008 Un chef d'oeuvre de sensibilité, tant en terme de dessin que de mise en scène et de narration ! Précipitez-vous sur cette histoire en 3 tomes si vous ne la connaissez pas encore ! Emmanuel Guibert est à mon avis un des plus grands auteurs français actuel. A noter qu'il a prévu de raconter par la suite l'enfance d'Alan. Pollux
05 Juin 2008 Suite de cette agréable série intimiste avec toujours une modestie, une pudeur merveilleuse de la part du héro de l'histoire et surtout le bel effacement d'Emmanuel Guibert. Ce dernier arrive à retranscrire sans interpréter les sentiments d'Alan Cope, qui lui, narre sa vie quotidienne d'après guerre avec une justesse étonnante. Il rend même le banal intéressant.
PS : comme Vincent, je mets "juste" 4 étoiles à cause des multiples coquilles dont est émaillée cette Bd dontle succès eut permis d'engager un relecteur .... Diane |
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