Moomin T. 2
Moomin et la mer
La légèreté des êtres
Si Moomin le troll est un personnage très populaire en Scandinavie ou au Japon, il est resté assez méconnu en France. D’où l’impression d’une grande découverte quand les éditions du petit Lézard se sont lancées l’an dernier dans la traduction de ses aventures en bande dessinée, à tel point que le premier tome, Moomin et les brigands, a remporté le prix du Patrimoine au festival d’Angoulême.
Dans le deuxième volume, nous découvrons de nouvelles histoires drôles et au ton faussement naïf dans le texte et dans le dessin.
Tove Jansson alterne les satires sociales et les contes fantastiques. Dans les premières, elle s’amuse de nos angoisses, dessinant une famille Moomin frivole et capricieuse, toujours prête à se laisser embarquer par un idéal ou par un prophète : Moomin, sa compagne et son père rêvent toujours d’un ailleurs, mais les sirènes se heurtent à la constance inébranlable de Maman Moomin, représentante du foyer domestique éternel vainqueur.
Dans d’autres récits, nos héros rencontrent des créatures improbables, qui allient l’invention graphique et le caractère bien trempé. Neurasthénie, mélancolie, misanthropie : tous les tristes penchants de l’âme humaine y ont leur place. La justesse du portrait fait toujours mouche.
À côté de ce cocktail d’invention et d’émotion, les deux dernières histoires du recueil font légèrement pâle figure, lorsque Lars Jansson, le frère de Tove, endosse la casquette de scénariste (sans d’ailleurs que cette édition n’en souligne la date). Il entraîne les personnages dans des histoires temporelles un brin plus classiques, sans pour autant briser le charme mais en l’affadissant quelque peu.
Pourtant, on sort de ce volume avec le même souvenir d’un charme sensible, où la légèreté du ton cache à peine la maturité des sujets traités.
Clément
10 Septembre 2008
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L. Jansson, T. Jansson
T. Jansson
N&B
Editeur : Le Lézard noir Collection : Le Petit Lézard Avril 2008 - 144 Pages
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