|
Vincent : Christophe, tu te dis très rural, mais tu es originaire
d’où ?
Christophe : Je viens du fin fond de l’Alsace et j’habite à côté de
Mulhouse.
| L'artiste... |
|
|
| Et son meilleur ami... |
Vincent : En quelques phrases, quel a été ton parcours ?
Christophe : Alors mon parcours, c’est d’abord l’école des Beaux-Arts
de Mulhouse pendant quelques années, puis j’ai réussi le concours des Beaux-Arts
à Angoulême mais j’en suis parti assez rapidement pour les Arts Déco à Strasbourg,
section illustration, que j’ai dû arrêter parce que j’avais besoin de pognon.
J’ai alors bossé en free lance dans la pub pendant une dizaine d’années. J’ai
préféré attendre quelques années avant de faire de la BD et me donner ainsi les
moyens de faire les livres dont j’avais envie.
Vincent : Tu vis à 100% grâce à la BD maintenant ?
Christophe : Je pourrais quasiment vivre de la BD mais ça ne paierait
pas l’essence de la Mazeratti. Je continue donc à faire un peu de pub, je garde
quelques clients qui sont corrects et honnêtes.
Vincent : Tu t’es lancé dans la bande dessinée à plus de trente ans
?
Christophe : J’ai publié mon premier album à trente ans pile poil !
| Croquis paysans debout |
|
|
C'est un auteur qui se définit
comme rural
|
Vincent : Sans jamais avoir jamais rien publié avant dans des Fanzines
?
Christophe : Absolument. La première histoire que j’ai publiée, c’était
en 1986 dans un collectif sur Arthur Rimbaud publié par les éditions Vents
d’Ouest. Et ça a continué avec la revue Golem au Téméraire où j’ai prépublié les
premières planches de Sorcières
qui ont été recueillies ensuite sous forme d’album.
Vincent :Ca veut dire que tu as mûri tout seul grâce au dessin de
pub.
Christophe : Le dessin de pub ne m’a pas forcément aidé pour la bd.
J’ai toujours eu envie de faire de la bande dessinée mais pas en me pliant aux
contraintes d’un éditeur ou en faisant des albums de commande. Pour moi la bd,
c’est raconter des histoires avec sincérité et justement sans contrainte. Et la
pub a représenté pour moi le moyen de faire mes bouquins sans avoir de souci de
fin de mois.
| Quelques jours en été |
|
Pour son premier album, il reçoit
l'Alph Art " Coup de cur " à Angoulême
|
Vincent :Dans Quelques jours d’été, ton premier album chez
Paquet, le format est assez particulier, une trentaine de pages. Pourquoi ?
Christophe : pour rentrer aux Editions Paquet, la règle du jeu, c’était
de faire d’abord un album dans la collection « Carte de visite » avant d’embrayer
sur d’autres albums. Quand j’ai rencontré Pierre Paquet, je lui ai montré cette
histoire que j’avais dans un tiroir depuis deux ans déjà, elle lui a plu et j’ai
attaqué le bouquin… A l’origine l’album faisait déjà trente pages mais dans un
format quasiment A5. A l’occasion de son retirage la taille de l’album a été agrandie
sans toucher à la pagination.
Vincent :Pour cet album, d’où t’es venue l’idée ?
Christophe : C’est pas une idée, c’est autobiographique en fait, je
raconte des passages de mon enfance, la manière dont j’ai appris à pêcher. Parce
que je suis un pêcheur assidu et j’adore pêcher à la mouche. J’avais envie de
concilier deux choses dans cet album : raconter une histoires et parler des choses
que j’aime, de mes passions.
Vincent : Le plus surprenant dans cette histoire d’enfant confié
par sa maman à des gens âgés, c’est que tout semble marcher à l’envers : l’enfant
éprouve du plaisir à ce séjour, ne semble pas marqué par la séparation… C’est
l’inverse de la chanson de Sheller…
Christophe : Ah oui, il éprouve un vrai plaisir à être là-bas, l’histoire
raconte les quelques jours de répit d’un gamin qui vit une période difficile,
c’est à dire le divorce de ses parents. En fait, le gamin ne sait pas pourquoi
il est là-bas mais il le sent. Si je devais caler une chanson sur ce bouquin,
ce serait effectivement le Nicolas de William Sheller. Sauf, tu as raison,
qu’il ne va pas dans le même sens et qu’on apprend tout de suite pourquoi l’enfant
est là. Mon livre n’a pas d’intrigue qui te pousse à tourner les pages, alors
il me fallait finir par une petite chute, ménager un petit suspense.
| Couverture de Zoé |
|
|
| Pour la première fois avec Zoé,
C. Chabouté a pu mener un récit au long cours
|
Vincent :Le deuxième album Zoé, n’est pas autobiographique
celui-là ?
Christophe : Tu mets toujours un peu de toi dans ce que tu fais
! Zoé, c’est un peu moi aussi mais c’est une fille, c’est tout ! Il est plein
de petits morceaux d’idées, d’atmosphères, de choses que j’avais envie de dessiner,
et que j’ai regroupées dans un scénario !
Vincent : Par exemple, le fait qu’elle sorte de taule, ça apporte
quoi au récit ?
Christophe : Une difficulté d’intégration supplémentaire, ce
genre de choses ! Je ne creuse pas mes idées de scénarios, je raconte comme je
le sens. Je ne me dis pas : je vais faire un livre sur le racisme, sur l’intégration…
Avant tout, il faut que ça me fasse vibrer, moi. Et si ça me fait vibrer c’est
que je le dis avec sincérité donc que ça peut toucher le lecteur. Les choses qui
viennent du cœur touchent le lecteur. Ca ne va pas fonctionner pour tous les lecteurs
mais ce qui est important c’est d’en toucher au moins quelques uns. J’essaye d’écrire
avec sincérité pour faire passer quelque chose de vrai, tout simplement.
Vincent : Pourquoi ne pas être resté chez Paquet et avoir publié
cet album chez Vents d’Ouest ?
Christophe : J’avais envie depuis très longtemps de faire de
la grande pagination et du noir et blanc. Et pour le moment, la seule maison d’édition
qui fait ce format, c’est Vents d’Ouest. Dans leur collection Intégra, j’ai de
la place pour raconter, pour étirer des scènes, distiller des ambiances. Jusqu’à
présent j’ai toujours eu la chance de pouvoir caler mes histoires sur les formats
et les maquettes de livre qui me plaisaient. En plus, j’apprécie beaucoup le manière
de travailler de Laurent Galmot, le directeur de collection.
| Sérigraphie de vieilles paysannes |
|
|
| Ses albums chez Vents d'Ouest revêtent tous des aspects
" fantastiques ". |
Vincent : Tu parlais du fait de distiller des ambiances : certaines
scènes sont très cinématographiques, par exemple quand Zoé croise la vieille dame
dans le cimetière, tu prends ton temps pour suggérer des émotions plus que tu
ne racontes d’histoire.
Christophe : Je considère que ça ne sert à rien de surenchérir avec
des dialogues s’ils ne sont pas nécessaires. Pour moi, les images racontent et
ça suffit. Au lecteur de se faire ses propres dialogues. Et je vais dire la phrase
qui fait bien en interview : de temps en temps il faut laisser parler les silences.
La grosse pagination le permet, pas un quarante-huit pages. La scène du cimetière
au lieu de la faire en trois pages, dans un album classique, j’aurais été obligé
de la contracter en deux cases. Dans mes histoires j’ai besoin des silences, des
temps.
Vincent :C’est une tendance qu’on retrouve chez pas mal d’auteurs,
chez Tohu Bohu aussi…
Christophe : En fait, c’est les supports qui permettent ça,
et si on nous offre maintenant des paginations de ce type, on le doit sans doute
un peu aux mangas.
| Pleine Lune |
|
|
| Avec Pleine
lune, C. Chabouté a voulu montrer qu'il pouvait se montrer grinçant
et créer un conte urbain. |
Vincent : Avec Pleine lune, tu as complètement changé d’univers
…
Christophe : Je ne sais pas si j’ai changé d’univers : ça reste
de l’aventure au coin de la rue ou du fantastique au quotidien. Dans Zoé
aussi, il y a ces ingrédients, le fantastique, le polar, l’étrange… Et Pleine
Lune c’est pareil. Simplement, il y a un ton et un côté urbain que j’ai voulus
parce que j’en avais un peu marre qu’on me colle l’étiquette Comès, je voulais
montrer que je savais aussi dessiner des bagnoles et changer de ton, bien que
je préfère parler de la campagne que je connais mieux ! Mais j’avais envie de
gueuler un peu, de montrer des choses. C’était tout à fait prémédité.
Vincent : On ne t’a jamais taxé de poujadisme avec cette BD ?
Christophe : Non, non.
Vincent : Il y a un lien de parenté avec After Hours ?
Christophe : J’avais vu le film, il y a très longtemps et j’avais
trouvé l’idée vraiment sympa. Et ça me trottait dans la tête. Il y a sûrement
un lien parce que j’ai vu le film et qu’il m’a plu. De là à avoir la cassette
devant les yeux en écrivant le scénario, non !
| Un îlot de bonheur |
|
|
| Un récit sur l'enfance proche de Quelques jours d'été |
Vincent : On sent un lien de parenté entre Un Ilot de bonheur
et Quelques jours d’été
Christophe :C’est de la même veine mais ce n’est en aucun cas une
suite. Ce sont deux albums assez autobiographiques, du moins sur le fond, car
dans la forme je n’ai pas vécu les événements exactement comme je les raconte
dans un Ilot de bonheur et Quelques jours d’été.
Vincent : Quand on lit tes récits sur l’enfance, on n’a pas l’impression
que tu aies eu une enfance radieuse… Mais sans être vraiment triste puisque tes
personnages cherchent à profiter de chaque moment de bonheur.
Christophe : Mes personnages essaient de profiter au maximum
des petits moments positifs qu’ils peuvent vivre. Dans mes bouquins je fais rentrer
les gamins dans la vie à grands coups de pieds au cul. Mais j’ai essayé de mettre
en valeur les côtés positifs et enrichissants qu’on peut tirer d’une expérience
négative.
| Croquis "enfant à l'harmonica" |
|
|
| Dans un îlot de bonheur, c'est grâce à
un harmonica que l'enfant et le marginal se rencontrent. |
Vincent : Pourquoi publies-tu Un Ilot de bonheur aux Editions
Paquet ? Tu alternes avec Vents d’Ouest.
Christophe : Parce qu’aux Editions Paquet, j’ai l’impression
de bénéficier d’une certaine forme de liberté... Les albums que j’y réalise, ce
n’est pas pour l’argent, c’est parce que j’ai besoin de les faire. C’est un autre
genre d’histoire, plus intimiste qui correspond moins à l’esprit de la collection
Intégra.
| Sorcières |
|
|
| Sorcières est la réédition augmentée
de 60 pages d'un album paru jadis au Téméraire. |
Vincent : Ton nouveau livre Sorcière est en fait la réédition enrichie
d’un livre paru il y a quelques années. C’était pas trop frustrant de revenir
sur un travail qui date de plusieurs années ?
Christophe : Si, mais j’étais face à un grand dilemme : ça ne
m’amusait pas particulièrement de revenir dessus mais je voulais qu’il puisse
continuer à vivre. Or il était devenu introuvable non pas parce qu’il n’avait
pas trouvé de lecteurs mais parce que son éditeur, « Le Téméraire » avait déposé
le bilan.
J’ai donc décidé de le reprendre, et de l’enrichir : initialement, il faisait
soixante pages et j’en ai rajouté cinquante. J’espère ne pas avoir grugé mes lecteurs
et que ceux qui avaient acheté la première version de Sorcières seront
contents de trouver de nouvelles histoires dans cette version.
Vincent : La première version était en couleurs ?
Christophe : En fait, j’avais d’abord dessiné ces histoires
en noir et blanc pour le magazine Golem puis réalisé des couleurs sur bleu pour
la publication en album. La parution en noir et blanc pour la collection Intégra
représente donc un retour au format d’origine.
| Sorcières page 130 |
|
|
| Ses récits se passent de plus en plus souvent de
mots... |
Vincent : Tu as retouché tes anciens récits ?
Christophe : Il y a en fait plein de choses qui me gênent dans les
histoires de le première version. Mais je n’allais quand même pas tout refaire
! J’ai juste modifié la chute d’une histoire, celle du curé : dans la première
version, il jouait aux échecs avec le diable mais ça ne plaisait vraiment pas
!
Vincent : c’était quoi ton objectif en parlant de Sorcières
?
Christophe : J’avais envie de tourner les gros clichés de la
sorcellerie en dérision.
Vincent : Pourtant dans certaines histoires les ensorcellements fonctionnent.
Christophe : Il faut bien laisser un peu planer le mystère,
teinter le livre de côtés fantastiques. Si toutes les histoires s’étaient finies
de la même manière, ça aurait eu un côté systématique qui n’aurait pas été drôle.
Vincent : La dernière histoire de l’album, celle du bûcher ressemble
à une sorte de morale finale…
Christophe : Oui, je tenais à boucler le livre là-dessus. Je
voulais déjà écrire cette histoire il y a quatre ans mais je n’y avais pas réussi.
Je ne voulais pas me contenter de faire un gag ou une chute amusante… Mais interroger
le lecteur, le laisser sur sa fin, une espèce de « chasse aux sorcières » mais
contemporaine : on a tendance à juger sur la forme plus que sur le fond et si
tu as une sale gueule, tu es mal barré, quelques ragots peuvent très vite te transformer
en l’ennemi public numéro 1.
C’est une histoire que j’aime beaucoup, si j’en avais une à mettre en avant dans
le livre ce serait sûrement celle-là. Je voulais la raconter sans texte, comme
un challenge, pour que le lecteur se fasse ses dialogues tout seul. Dans le bouquin,
on se marre bien mais pas avec cette histoire ! Et je suis très content de conclure
de conclure mon livre avec…
| Pleine Lune page 60 |
|
|
| Les reflets de lumière dans les cheveux permettent
de détacher les têtes des personnages. |
Vincent : Ton dessin semble arriver à maturité
Christophe : Ah non ! Je ne le pense pas du tout. En plus, ce
serait très chiant, si mon dessin était abouti. Je découvre, j’apprends encore
plein de choses, je n’en suis qu’à mon cinquième album ! Pour avancer, j’ai en
permanence besoin de nouveaux petits défis, de dessiner des choses que je n’ai
jamais faites. Si je ne devais pas évoluer, ce ne serait plus de la création mais
de la production et je ne veux surtout pas en arriver là ! Mais pour l’instant,
je suis à l’abri, j’ai encore beaucoup de soucis !
Vincent : Un jour tu ne te remettras pas à la couleur ?
Christophe : Pour le moment, je n’ai pas besoin de couleurs.
Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je me mettrai peut-être
un jour à faire de la couleur. Je sais pas, c’est l’histoire qui demandera de
la couleur. Si j’estime que le noir et blanc ne sert pas assez l’histoire, si
j’ai besoin d’un plus, je mettrai de la couleur.
Vincent : Tu joues d’une astuce que j’avais rarement vue auparavant
ou alors utilisée beaucoup plus maladroitement : tu constitue un halo blanc autour
des cheveux ou d’autres objets pour éviter de faire noir sur noir. Ca passe très
bien, on croirait que c’est des reflets…
Christophe : C’est une astuce graphique, pour que ça se détache.
Il y a des moment où je supprime ces petits filets blancs mais d’autres où tu
as besoin de découper le personnage pour qu’il ressorte. En fait je n’y réfléchis
pas, je le fais comme je le sens !
| Croquis d'enfant pour Un îlot de Bonheur |
|
|
| Dans le style " Chabouté ", seuls les enfants
ont un visage lisse... |
| Croquis de paysans |
|
|
| ... les autres ont des "gueules " marquées
par les années. |
Vincent : Et la sorcière, quand elle brûle, elle est en noir sur
blanc et ça passe bien comme il y a le feu.
Christophe : Oui, en ombres chinoises. On en revient à la question
que tu m’as posée avant à propos des dialogues, pourquoi pas des dialogues en
plus, c’est pas la peine, l’image raconte, pourquoi rajouter des choses qui font
des jolis dessins alors que l’histoire basique raconte très bien ! J’ai pas envie
de séduire, j’ai pas envie d’en remettre trois couches. Pour moi, à partir du
moment où cela fonctionne, on arrête là.
Vincent : Pourtant, ta façon de faire est au contraire très en impressions,
en séduction.
Christophe : Je cherche l’efficacité tant au niveau graphisme
que narration. Je me pose pas toutes ces questions, je raconte…
Vincent : On sens vraiment une influence du cinéma dans tous tes albums.
Christophe : Oui, c’est vrai, je vais d’avantage chercher mes influences
dans le cinéma, le roman que dans la bd elle-même. Je ne lis plus beaucoup de
bd. Je lis les bd des copains, celles que je reçois. Mais, à choisir, je préfére
lire un roman qu’une bd parce que mon métier, c’est de créer des images dessinées
alors le soir quand j’ai envie de décompresser un peu, je préfère imaginer des
images sans qu’on me les prémâche.
J’aime bien le cinéma. Quand je suis crevé, j’aime bien voir un film con qui ne
me demande pas trop de réfléchir… Mais j’aime bien les bons films. Par contre
je ne traîne pas les pieds au cinéma parce que ça me pompe l’air d’aller m’enterrer
avec quinze bouffeurs de pop-corn qui me sabordent le film et papotent tout le
temps. Le film, je préfère le regarder à la maison en cassette ou à Canal +. Même
si par respect pour le cinéaste ce serait mieux d’aller le voir au cinéma !
| Etude de tête pour Un îlot de bonheur |
|
|
| L'affreux joujou de Pierre Siniac |
|
|
| Pour se détendre, il préfère le roman
noir aux bandes dessinées... |
Vincent : T’as pas de gamins à la maison pour t’empêcher de voir
les films tranquille !
Christophe : Non pour le moment j’ai juste un chien.
Vincent : Dans la pub, tu avais besoin de faire beaucoup de relationnel,
ça ne t’embêtait pas ?
Christophe : Dans la pub, je me limitais aux dessins qu’on me
commandait. Au début, j’allais voir les gens pour prendre les commandes, maintenant
on m’envoie des fax et je renvoie des fax. Mais tu sais, j’ai aussi besoin d’aller
voir des gens, j’ai besoin de communiquer, de déconner. J’ai même besoin de voir
la foule. Mais pas trop non plus, il y a des moments ou j’ai besoin de me retrouver.
Ca s’équilibre bien dans mon boulot : en bd, je travaille tout seul dans mon coin,
je ne vois pas trop de monde et en pub, j’en vois d’avantage.
Vincent : Quels sont tes projets ? Tu vas continuer à travailler
au rythme de deux livres par an ?
Christophe : Surtout pas, je ne suis pas fou ! En fait, cette
année je n’ai pas dessiné deux bouquins mais un et demi ! Et pour Un Ilot de
bonheur, j’avais l’histoire sous le coude depuis longtemps mais j’avais peur
de me lancer.
Chacun de mes livres fait 140 pages, ça me suffit largement pour occuper une année.
Pour mon prochain album, le scénario est déjà écrit et j’ai même signé le contrat
: ce sera un polar destiné à la collection Intégra. Je retourne à l’univers rural
qui est celui que je préfère. Mais je ne veux pas en dire plus, j’ai beaucoup
de mal à parler des projets en cours. Pour le moment c’est mon bébé, ensuite le
lecteur en fera ce qu’il voudra !
| L'homme à l'envers de Fred Vargas |
|
|
| ... qui lui rappellent trop son travail ! |
Vincent : Tu ne travailleras jamais sur le scénario d’un autre ?
Christophe : Pas pour le moment. Tant que j’aurai des choses
à exprimer je continuerai tout seul. Le jour où j’aurai fait le tour de ce que
j’ai à dire ou que j’aurai l’impression de tourner en rond, on verra.
Vincent : Tes copains dans la bd, c’est qui ?
Christophe : C’est Pascal Rabaté, Emmanuel Moynot, Ralph Meyer,
je connais plein de monde mais j’ai mes petits préférés ! Je conseille par exemple
la lecture « M.
Kohl », c’est un album magnifique !
Vincent : Quels sont tes coups de cœur de ces derniers mois, en bd
ou plus généralement dans tes lectures ?
Christophe : Comme je l’ai dit, je lis très peu de bandes dessinées,
donc mes coups de cœur iront plutôt à des romans et à des polars. Dernièrement,
j’ai adoré Bazar bizarre de Pierre Siniac, j’ai bien été secoué. Ou encore
L’Affreux Joujou. Sinon, j’aime bien des auteurs de polar comme Frédéric
H Fajardie, Pierre Pelot ou Fred Vargas.
Interview réalisée par Vincent
Vincent
21 novembre 2001
|