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Alix a fêté en 2008 ses 60 ans. A quel moment avez-vous su que le succès était au rendez-vous et que vous pourriez continuer autant que vous le souhaitiez ?
Jacques Martin : Il est impossible de prévoir le succès. Même si la 1ere aventure d'Alix a été très bien accueillie auprès des lecteurs.
Quelles sont selon les vous les forces et les contraintes de l’association fiction / grande Histoire ? Votre rapport à cette association a-t-il évolué au fil du temps ?
Jacques Martin : Evidement il est assez compliqué d'insérer une histoire de fiction dans un cadre historique. Il faut toujours être très attentif à ne pas déborder et que la fiction soit toujours au service de l'histoire et nous pas l'inverse. C'est une gymnastique mentale qui exige une très bonne connaissance de l'histoire et surtout son respect.
Quel genre de documentation utilisez-vous ? Vous arrive-t-il encore d’être surpris par des bribes d’histoire qui vous aurait échappées jusqu’alors ?
Jacques Martin : La documentation est un puits sans fond. A mes débuts j'empruntais beaucoup beaucoup aux bibliothèques mais dès que j'ai pu financièrement j'ai acheté énormément d'ouvrages et présentement malgré mes handicaps physiques je continue d'acquérir des ouvrages spécifiques à l'usage de mes collaborateurs.
En quoi ou comment - selon vous - Alix a évolué à travers six décennies ?
Jacques Martin : Un dessinateur qui aime son métier fait évoluer son graphisme instinctivement. Ainsi donc mes personnages se sont transformés instinctivement au cour du temps et cela aurait été encore le cas si ma vue ne m'avait pas joué de vilain tours.
En 60 ans, l'univers graphique est resté le même. Pourquoi ? Est-ce une volonté qui se traduit dans le choix des dessinateurs ?
Jacques Martin : Je ne suis pas d'accord car j'estime que mon graphisme a justement évolué. Ainsi que je le précise dans la question précédente.
Quel regard portez-vous justement sur la jeune génération de dessinateurs ?
Jacques Martin : À dire vrai, je ne porte aucun regard, ni aucune attention sur la B.D. actuelle. Etant donné que j'ai beaucoup de mal a m'occuper de la mienne alors il faut bien comprendre que je ne peux absolument m'intéresser à la B.D. actuelle et cela depuis plus de 10 ans. Par ailleurs je n'ai jamais porté de jugement sur les œuvres de mes confrères et ce n'est pas à plus de 80 ans que je vais changer cette façon de faire.
Quel est aujourd'hui votre implication dans les séries d'Alix ?
Jacques Martin : En raison de mon état de santé je continue a produire des scripts et à fournir des idées et lorsque que cela est possible à conseiller mes collaborateurs.
Quels sont les projets pour Alix ? Quelles destinations et personnages historiques avez-vous envie de traiter ?
Jacques Martin : Il y a beaucoup de projets. Cette année sortira l'album ''La cité engloutie'' qui se passe en Gaule. Pourquoi pas des grands personnages comme César, Rames II, Hannibal, etc...
Et si vous deviez consacrer une BD à un personnage actuel, quel serait-il ?
Jacques Martin : Aucun, on a trop le nez dessus, il faut un certain recul pour rentrer dans le cadre historique.
Qu'avez-vous encore envie de nous apprendre ?
Jacques Martin : Je vais continuer d’alimenter mes sept séries et collections.
Propos recueillis par Cédric
18 février 2009
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