| Couverture d'Adam SArlech T.1 |
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(éditions Humanos)
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| Couverture d'Adam Sarlech T.2 |
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(éditions Humanos)
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Né en 1960 à Revel (en Haute-Garonne), Frédéric
Bézian a participé très tôt à
divers fanzines et à Djin, un hebdomadaire catholique pour
les jeunes filles en fleurs. " J'avais 15 ans et, si j'avais
envie de faire beaucoup de choses, cela faisait longtemps que je
fantasmais surtout sur la BD. A l'époque, j'essayais de faire
de l'humour, du "gros nez", aussi étrange que cela
puisse paraître aujourd'hui ! C'est l'éditeur qui était
demandeur : mes travaux personnels (qui n'étaient pas publiés),
eux, partaient dans tous les sens et étaient souvent très
influencés par ce que je lisais. J'aimais beaucoup les récits
fantastiques, même si je ne comprenais pas la moitié
de ce que je parcourais. "
C'est alors que Frédéric suit les cours de Claude
Renard et de François Schuiten à l'Institut Saint-Luc
de Bruxelles, de 1978 à 1981. " Cela a accéléré
le processus : j'avais besoin qu'on me mette le pied à l'étrier,
qu'on me montre du doigt certaines carences, certaines lacunes.
Pour moi, c'était utile pour acquérir un niveau pouvant
prétendre à être professionnel au bout de trois
ans au lieu de dix j'avais travaillé tout seul. Cela m'a
servi aussi à élargir mon champ de vision, à
être confronté à des expérimentations
qui me montraient d'autres alternatives. "
Désormais inspiré par des auteurs comme Oscar Wilde
ou Franz Kafka et des illustrateurs comme Jacques Tardi ou José
Antonio Muñoz, il va accumuler les publications : Adieu l'émule
dans le Neuvième Rêve et L'étrange nuit de monsieur
Korb aux éditions Magic-Strip en 1982, Fin de siècle
chez le même éditeur et des histoires complètes
pour le mensuel (A Suivre) en 1983... " Les choses se sont
bousculées très vite ce qui m'a donné une réputation
de producteur acharné, alors que ce n'est pas le cas du tout
! Certains de ces travaux étaient déjà pratiquement
terminés quand je suis sorti de Saint-Luc mais j'ai donné
l'impression de sortir trois albums en un temps record et d'envahir
la planète BD ! On m'a aussi catalogué tout de suite
comme un auteur entre guillemets mais, ceci dit, je ne me suis pas
posé la question de l'image que je donnais et si je devais
en avoir une. J'ai gardé le même état d'esprit
si et je continue à faire ce qui me plaît, où
je veux et quand je veux ! "
| Couverture d'Adam Sarlech T.3 |
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(éditions Humanos)
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| Adam Sarlech, extrait |
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(éditions Humanos)
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C'est avec la série Adam Sarlech, publiée par Les Humanoïdes
associés entre 1989 et 1993 (une version intégrale paraît
ce mois-ci), que Frédéric Bézian, de plus en plus fasciné
par la mort, et la déliquescence, accède à une certaine notoriété.
Il construit alors une uvre originale tout en s'avérant être
également un grand coloriste. " Il faut préciser qu'avant cette
parution, commençait une sale période pour la BD : la crise n'en
était qu'à ses balbutiements. Le terrain commençait à
devenir mouvant et les auteurs en étaient les premières victimes!
Cela donnait des hiatus très difficiles à vivre entre des gens qui
avaient des velléités qui ne pouvaient pas être assouvies
et des éditeurs qui s'astreignaient à une certaine surdité,
par prudence. Personnellement, les histoires courtes publiées dans (A Suivre)
réunies sous le nom de Totentanz : la danse des morts pour Magic-Strip,
en 1986, me restaient sur les bras.
Le projet qui est devenu Adam Sarlech a végété dans mes
cartons pendant au moins trois ans. Même si je crois beaucoup aux travaux
de longue haleine, à force d'attendre, il y avait des propos qui vieillissaient.
Je tentais de rectifier le tir mais, le jour où j'ai découvert Sambre
d'Yslaire et Yann, dans les pages de Circus, j'ai eu très peur. C'était
la première fois que je tombais sur quelque chose qui pouvait me faire
taxer de plagiat : c'était aussi une histoire de famille avec comme fil
d'Ariane un journal intime, et même s'il y avait 50 ans de différence
entre les deux BD, certains pouvaient penser qu'il s'agissait de la même
époque. Bref le schéma et l'ambiance étaient comparables.
Il paraît que cela arrive au moins une fois dans la vie d'un auteur mais
moi, sous l'effet du choc, j'ai voulu refermer définitivement mon carton
et" Adam Sarlech " a failli ne jamais exister. "
Alors, Frédéric réécrit maintes fois son scénario,
refait le découpage, change des détails
Mais, au bout d'un
moment, il sent que s'il n'arrête pas les rectifications par rapport à
Sambre, il ne le sortira jamais. " Finalement, Les Humanoïdes associés
ont été emballés par le projet et cela a donné ce
récit fiévreux et hystérique: le couvercle était sur
la marmite depuis si longtemps que quand on l'a enlevé, tout a débordé
! " Il finira quand même par arriver à une maîtrise graphique
et narrative : la preuve, le troisième tome reçut le prix "Bloody
Mary" (ex Prix de la Critique) à Angoulême.
| Paroles de taule, page 103 |
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(editions Delcourt)
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| Couverture Chien-rouge Chien-Noir |
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(éditions PMJ)
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Frédéric Bézian a travaillé cinq ans sur Adam Sarlech.
Pour lui, ce fût un marchepied pour se créer une vraie identité,
laquelle continue d'ailleurs d'évoluer : " Comme les albums sont sortis
à un prix qui les cataloguaient comme les livres les plus chers sur le
marché, le grand public n'a pas totalement suivi. Je suis alors entré
dans une espèce d'état proche de l'aigreur criant l'injustice sur
tous les toits. C'était très immature comme réaction, mais
quand on la vit de façon épidermique avec des besoins d'argent pour
vivre, cela peut se comprendre ! "
Pourtant, le paysage BD évolue et des éditeurs indépendants
commencent à lui demander quelques petits boulots par ci, par-là
: trois chapitres d'un album suspendu dans Le Cheval sans tête des éditions
Amok, un petit album titré Archipels pour P.M.J. en 1997... " J'avais
aussi réalisé quatre chapitres de Chien rouge, chien noir pour Brazil,
parution hasardeuse mais excitante qui n'en publia que deux. J'avais donc 40 planches
en stock, dont, une fois de plus, personne ne voulait. Alors, j'ai modifié
des choses en allant vers plus de lisibilité quand P.M.J. m'a proposé
de l'éditer en 1999 : j'ai voulu les traiter en bichromie pour assumer
pleinement le côté artificiel de la BD et réaliser un travail
graphique qui ne soit pas dé la peinture avec des bulles ou du cinéma
sur papier, qui soit quelque chose jouant totalement avec la spécificité
de la BD. J'essayais de tripoter ce médium de la façon la moins
gratuite et la plus libre possible. Toutefois, ce procédé utilisant
deux couleurs distinctes servait mon propos en assumant une cohérence avec
l'histoire racontée."
Notre interviewé aime bien l'idée que l'auteur travaille, que
ce soit la BD, le cinéma, la littérature, la musique
: cela
oblige le lecteur, le spectateur ou l'auditeur à travailler lui aussi !
" J'ai tenté de le faire jouer avec des rythmes visuels : l'image
conventionnelle de la BD c'est une suite dé cases alors de temps en temps,
je les trace sans rien mettre à l'intérieur. L'idée m'est
venue lors d'une intervention dans une école. J'ai vu un petit de 5 ou
6 ans qui avait fait toute une page en alignant d'abord une suite de carrés,
très régulièrement. Il avait rempli les deux du haut et tout
en bas, dans la dernière, il avait écrit le mot FIN. Pour lui, l'histoire
était finie. Cela ne lui posait aucun problème et pourtant, c'était
fait avec une liberté et une fraîcheur qui passe pour ahurissantes
aux yeux d'un adulte ! "
| Extrait Chien-Rouge Chien-Noir |
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(éditions PMJ)
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| Couverture Archipels |
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| (éditions PMJ) |
Il s'est encore passé cinq ans entre la première et la dernière
planche de Chien rouge, chien noir car, sur la fin de l'album, Frédéric
Bézian travaillait aussi sur le dessin animé Belphégor.
Un jour un responsable du studio des Armateurs me téléphone.
Ce nom ne me disait pas grand chose mais, pourtant, ils avaient déjà
réalisé La vieille dame et le pigeon de De Crécy et Chomet
puis le fameux "Kirikou". Cette personne me demande de travailler dans
le dessin animé pour une adaptation de Belphégor.
Il se trouve que j'étais un admirateur du feuilleton en noir et blanc
réalisé par Barma et du coup, j'étais sidéré
qu'une adaptation plus ou moins lointaine se fasse et qu'on me sollicite pour
ça. On me pro pose d'essayer de dessiner un ou deux personnages puis de
discuter du projet. Au bout de deux réunions à Paris, j'étais
nommé directeur artistique : en résumé, mon travail consistait
à obliger tout le monde à dessiner comme moi. Ils étaient
venus me chercher pour mon style graphique et ils voulaient en faire l'esthétique
de toute la série : création des personnages, couleurs, objets,
décors, voitures... Il se trouve que par la suite, j'ai outrepassé
mes fonctions car je me suis bien entendu avec le réalisateur. J'ai, par
exemple, conçu au niveau du story-board les cauchemars très particuliers
d'un des personnages ; ceci, évidemment, en rapport étroit avec
l'histoire. J'ai aussi réalisé le générique à
50 %, main dans la main avec le réalisateur.
| Extrait Archipels |
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| (éditions PMJ) |
| Lithographie sur Archipels |
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| (éditions PMJ) |
Mais je n'ai rien fait au niveau dé l'animation car je ne suis pas animateur.
" Frédéric ayant aussi une formation musicale, il a souvent
discuté et proposé des idées au compositeur. Ainsi, le résultat
ne s'est pas limité à ce que l'on appelle dans le jargon professionnel
de la musique au mètre. " Je lui ai parlé de couleurs d'orchestration,
d'instruments, d'exemples musicaux... Je lui envoyais des cassettes de chromatismes,
de références
Ainsi, et c'est très rare dans les dessins
animés, la musique n'est jamais la même d'un épisode à
l'autre, sur les 26 que comporte la série. Le compositeur et son équipe
se sont vraiment investis là-dedans. "
Hélas, nous en sommes à la troisième diffusion et tous
les épisodes n'ont pas été programmés ; en plus, les
horaires n'étaient pas appropriés et la promotion n'a pas suivi
comme il aurait fallu. Heureusement, la série a eu une excellente critique
dans la presse.
Frédéric Bézian a enfin gagné vraiment sa vie avec
son métier de dessinateur grâce à ce dessin animé et
il est question de réaliser un long métrage. " Pour l'instant,
c'est plus de 1'ordre du fantasme qu'autre chose. Depuis le début de la
série, on en a envie mais on a aussi tout de suite vu que cela coûterait
très cher. Déjà, en ce qui concerne le feuilleton, on a explosé
le budget, comme on dit. C est en partie de ma faute car ce que j'ai demandé
graphiquement s'est avéré beaucoup plus lourd que ce que 1'on pensait.
Mais, on est suffisamment satisfait du résultat pour envisager une animation
qui fasse plus cinéma, avec plus de confort financier. "
| Lithographie : L'Homme
à la Rose |
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| (éditions PMJ) |
1999 :
Carte de voeux |
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| (éditions PMJ) |
Et c'est vrai que ce " Belphégor" est réellement
enchanteur et entièrement marqué graphiquement du
sceau Bézian ! " Je les ai assez fait suer pour ça
! Cela a été très dur. Pas tellement pour l'équipe
remarquable des décorateurs parisiens car j'ai eu des élèves
qui sortaient de l'école des Gobelins, pour qui c'était
le premier travail, et qui étaient très motivés.
Cela les changeait par rapport aux séries télés
qui ont toutes l'air d'être dessinées par la même
personne. Pourtant, la difficulté résidait dans le
fait que je prenais beaucoup de réflexes conditionnés
à rebrousse-poil. Mon trait est fait de lignes droites cassées
et de courbés très tendues, ce qui n'est pas habituel
en dessins animés où l'on dessine plutôt des
formes rondes. Ce trait, il a fallu que les animateurs coréens
l'adoptent aussi. Cela a causé pas mal de défections
dans leurs rangs car ils avaient l'habitude de travailler sur cinq
ou six séries différentes à la fois. Je me
souviens du regard malheureux de deux filles qui n'arrivaient pas
à comprendre le visage d'un personnage. Je suis allé
à la table d'animation et j'ai dessiné moi même
pour bien leur faire comprendre. l'ai appris plus tard qu'elles
avaient quitté le studio deux jours après. On n'imagine
pas à quel point ces gens-là s'épuisent sur
leurs ordinateurs: c'est un travail de cinglé car c'est dix
fois plus compliqué que le cinéma! "
Aujourd'hui, Frédéric refait de la BD avec plaisir, reprenant un
de ses multiples projets qui a trouvé un aboutissement chez
Albin Michel: encore une histoire fantastique se déroulant
à la fin du XIX' siècle mais c'est sur un scénario
malicieux de l'écrivain Noël Simsolo qui nécessite
un graphisme qui commence à se décontracter un peu.
Aux Humanoïdes Associés
Adam Sarlech (Scénario et dessin)
Adam Sarlech 1989 épuisé
La Chambre Nuptiale 1991 épuisé
Testament sous la neige 1993 épuisé
L'Intégrale Adam Sarlech 2002
PMJ
Archipels 1997 (Scénario et dessin)
Chien-Rouge Chien-Noir 1999 (Scénario et dessin) épuisé
Présentation de la
série TV
" Belphégor" |
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| (Les armateurs) |
Delcourt
Participation aux collectifs
Paroles de taulards 1999 (Dessin)
Paroles de taule 2001 (Dessin)
Autrement
Participation au collectif
Noire est la Terre 1996 (Scénario et dessin)
Magic Strip
L'Etrange Nuit de Monsieur Korb 1982 (Scénario et dessin)
Fin de Siècle 1983 (Scénario et dessin)
Totentanz / La Danse des morts 1986 (Scénario et dessin)
Ville de Muret
Muret 1213, ma bataille 1986 (Scénario et dessin)
Librairie d'Ailleurs
Galerie de cimetières 1984 (Illustrations)
Futuropolis
Ginette, Martine, Josiane 1982 (Scénario et dessin)
Dossier réalisée par Gilles Ratier
Gilles
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