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Portrait

Joan Sfar


Mise en ligne :
22 janvier 2003

Joann Sfar a à peine passé le cap de la trentaine et on parle déjà de lui comme un possible Prix de la Ville d’Angoulême qui vient récompenser un auteurs pour son oeuvre... Il faut dire qu’en moins de 10 ans de création, ce touche à tout de génie s’est révélé aussi prolifique qu’inspiré.

Navigation rapide

1- La BD comme forme d'écriture
2- Ecrire l'histoire case après case
3- Un dessin juste plutôt que joli
4- Continuer les séries qui lui tiennent à coeur
5- Ecrire pour les non bédéphiles
6- Dessinateur par nécéssité
7- La BD, cadre rêvé du dialogue philosophique

1 - La BD comme forme d’écriture

La fille du Professeur
extrait (dessin emmanuel Guibert)

Le Niçois Joann Sfar (né en 1971) est un des piliers de ce que l’on appelle aujourd’hui "La nouvelle BD". Parmi les quelques vingt ouvrages qu’il publie chaque année, retenons surtout son remarquable "Chat du rabbin", conte initiatique publié aux éditions Dargaud.

Doté d’une maîtrise de philosophie, Joann entre à l’école des beaux-arts de Paris. Ses premières BD seront pour la revue Lapin publiée par l’Association, groupement d’auteurs désirant renouveler la narration graphique. Joann ira même jusqu‘à déclarer que la BD a définitivement perdu le combat des beaux-arts mais que celui qu’elle doit gagner c’est celui de l’écriture ! "C’était une formule ! Je voulais dire par-là que le fait d’accrocher des planches de BD au mur d’un musée n’est pas le meilleur moyen pour promouvoir cet art. Il me semble que la BD c’est avant tout un mode d’écriture. En disant cela, je ne mets pas le texte avant le dessin : je veux simplement dire que le dessin de BD est une écriture !

Le coeur de la BD c’est ce qu’on appelle la séquence : la juxtaposition non seulement de l’image et du texte mais aussi des images les unes à côté des autres. Certains font preuve de mauvaise foi en déniant à la BD le statut d’art, alors que ce qui s’y passe en ce moment est beaucoup plus intéressant et enthousiasmant que dans la littérature contemporaine. C’est même le seul domaine romanesque où l’épique est omniprésent ; il ne s’agit pas seulement de genres surannés ou de clichés mais d’une vraie dramaturgie héritée des feuilletonistes comme Alexandre Dumas ou Paul Féval.

La fille du Professeur
Couverture (dessin Emmanuel Guibert)

J’ai aussi l’impression que l’écriture de BD est d’une telle rigueur et d’une telle complexité qu’elle met en jeu toutes les préoccupations artistiques contemporaines. Les problèmes d’investissement de l’espace et de compréhension d’une oeuvre y sont incroyablement présents car on a besoin de la bonne volonté du lecteur puisque l’on joue directement avec son nerf optique : la lecture d’une BD ne va pas de soi et, en même temps, c’est une lecture universelle. Il y a moins de conventions que dans la lecture d’un roman !

Bachelard disait que l’art idéal serait celui dans lequel on tomberait, d’une image à une autre image, et où le véritable moment de jouissance serait le voyage induit par la seule volonté musculaire où l’on passe de l’une à l’autre ! Sans le savoir, il décrivait très exactement la BD !"

2 - Ecrire l’histoire case après case

Petit Vampire T.1
Va à l'école (couverture)

Joann Sfar développe des fictions extravagantes (voir, par exemple, ses séries publiées chez Delcourt) mais utilise aussi la BD pour des contes philosophiques. Quand on connaît ses travaux expérimentaux comme "Pascin" à L’Association ou, plus récemment, ses BD historiques et théologiques comme "Les olives noires" chez Dupuis ou "Le minuscule mousquetaire" et "Socrate" chez Dargaud, on peut s’étonner qu’il cite volontiers Jean-Michel Charlier (le scénariste de "Blueberry") comme un de ses maîtres. "Ce que j’apprécie chez Charlier, c’est son rapport à l’histoire. Ce n’était pas un historien (il multipliait les inexactitudes) mais il essayait de transmettre son goût pour l’Histoire. Il démontrait, en bon feuilletoniste, que les protagonistes des événements historiques avaient globalement en tête les mêmes choses alors qu’ils vivaient dans des sociétés différentes.

Une des façons que j’ai de mettre cela en oeuvre dans mes BD, c’est que mes personnages s’expriment comme on parle maintenant : les soldats disent des gros mots tandis que la haute société utilise un langage châtié. L’historien pourra toujours me dire qu’à cette époque on ne parlait pas comme ça, mais, sait-il vraiment, lui, comment on parlait à cette époque ? Alors, comme il ne le sait pas, je vais écrire quelque chose que le lecteur puisse comprendre.

Ce que j’aime aussi chez Charlier c’est qu’il écrivait ses textes au fur et à mesure, jusqu’à dix séries à la fois, et, dès qu’il était bloqué, il passait à une autre histoire laissant le scénario précédent se développer. Comme un jardinier de bonsaï, il coupait des branches, de temps en temps, pour que l’histoire respire un peu. A l’inverse, d’autres scénaristes dont j’apprécie aussi beaucoup le talent, connaissent leur histoire avant de commencer à l’écrire mais ce n’est pas mon cas ! J’essaie plutôt de suivre la méthode de Fred (le dessinateur de "Philémon") qui affirme ne pas savoir se qui se passe dans la case d’après quand il dessine.

Petit Vampire T.1
Va à l'école (extrait)

C’est le principe de l’essai philosophique : pas de structure, juste une idée à laquelle on s’accroche. On navigue sans filet et on risque se casser la gueule à tout moment donc on a besoin d’être tout le temps éveillé. Cette façon d’écrire, on l’a retrouve dans mon dessin puisque je m’efforce de faire le moins de crayonnés possible. Le lecteur aime sentir l’intelligence de celui qui lui raconte une histoire ; or, recopier un dessin est un travail où l’on a pas besoin de réfléchir !"

3 - Un dessin juste plutôt que joli

A ses débuts, le trait de Joann Sfar était jeté, proche du croquis ou de l’esquisse ; pour s’en assurer il suffit de voir ses premiers travaux entre 1994 et 1996 : "Ossour Hyrsidoux" chez Cornélius en 1994, "Petrus Barbygère" avec Pierre Dubois chez Delcourt en 1996, "Le petit monde du Golem" et "Le borgne Gauchet" ou même le plus récent "Pascin" à L’Association. Peu à peu, son graphisme mûrit, devenant beaucoup plus esthétique. "Il n’y a rien qui m’intéresse autant dans la vie que le dessin ! Donc, mon but n’est pas de mal dessiner mais je ne cherche pas à faire joli. J’ai envie de réaliser un dessin juste, comme on m’a appris aux beaux-arts : c’est à dire un dessin où l’on comprend exactement ce que fait le personnage et où la maîtrise du trait est telle qu’il raconte par lui-même

Sardines de l'Espace T.3
La Machine à laver la cervelle couverture (scénario Emmanuel Guibert)

 Quand je dessine les rues du Maghreb, ce serait très facile d’en montrer une vision romantique interprétée. Moi, je me pose même des questions sur l’origine des pavés que je dessine : depuis combien de temps sont-ils posés, est-ce qu’il y a de l’eau qui ruisselle entre les pierres et à quelle vitesse, est-ce qu’il fait froid ou chaud, comment s’habillent les gens, est-ce que la porte de la maison est fermée ou ouverte, est-ce qu’elle est abîmée...

Ce sont des questions que se posaient, ni plus ni moins, des artistes comme Daumier ou Rembrandt quand ils dessinaient. Ils ne se demandaient pas s’il fallait faire un beau tableau ou pas ! Il ne s’agit pas de représenter les choses de manière photographique mais de manière intelligible pour le lecteur.

Je mets énormément d’énergie dans mon dessin et c’est pourquoi mon dessin progresse. Je n’ai pas un style dont les codes sont fixes une fois pour toutes. Quand je ne fais pas de BD, je dessine d’après nature ; j’ai des carnets et je me rends compte que la réalité est inépuisable et insoluble par un seul dessin. Je n’aurais pas assez de cent existences pour toucher le 1/1000ème de ce qu’on voit.

Sardines de l'Espace T.2
Le Bar des ennemis, extrait (scénario Emmanuel Guibert)

Beaucoup d’auteurs de BD, à un moment donné connaissent une crise et cessent de dessiner, le plus mémorable exemple étant celui de Franquin qui n’a rien dessiné pendant 10 ans car, je crois, il avait perdu contact avec la réalité ; son dessin se nourrissait uniquement de son propre dessin : il manquait d’air ! C’est pourquoi j’ai besoin de sortir pour regarder ce qu’il y a dehors !"

4 - Continuer les séries qui lui tiennent à coeur

Joann Sfar réfléchit longtemps à ses histoires avant de les mettre en BD : il est même assez perfectionniste. Pourtant, il passe pour un auteur très, voire trop, prolifique. « Cela vient de la conception que l’on a de ce que doit être une BD. Il y a des gens qui pensent que cela doit être un livre de 46 pages paraissant une fois tous les ans et que l’on va lire en un quart d’heure. Moi, je me demande quelle connivence on peut établir avec un personnage si on le rencontre seulement une fois par an, quand on va aux toilettes !

 J’ai grandi avec des super-héros (ah ! les BD de Jack Kirby, c’étaient quand même quelque chose !) dont on pouvait acheter des aventures tous les mois ou avec un Pif Gadget qu’on recevait toutes les semaines : ma façon de répondre à cette absence de la presse BD est de réaliser des albums qui sont de moins en moins chers (je ne suis pas étranger au fait que, chez Delcourt, mes bouquins coûtent 3 euros de moins qu’il y a 8 ans, quand j’ai commencé) tout en m’efforçant d’en faire paraître 2 par an. C’est le cas pour «Grand Vampire», la série qui me tient le plus à coeur ; et je dessine 15 heures par jour, le nez sur la feuille, pour que ça avance.

Merlin T.2
Contre le Père Noël, couverture (desins Munuera)

J’ai une exigence qui n’est pas photographique : je veux simplement trouver le dessin juste. La nuit, je me réveille car j’ai pensé à une séquence et je me mets devant ma feuille pour en faire le plus possible car je suis dans le sujet. C’est important de retenir les histoires quand on les a : il faut les écrire pour de bon. C’est comme si je faisais une dissertation. A l’université, mes bons devoirs je les écrivais d’un trait ; si je commençais à faire un brouillon, c’est que je ne connaissais pas le sujet.»

Ceci dit, Joann Sfar a fait un tri dans tout ce qu’il avait entrepris. Ainsi Emmanuel Guibert poursuit seul «Sardine de l’espace», Jean-David Morvan le remplace sur «Merlin» et Hervé Tanquerelle reprend le dessin du «Professeur Bell», une série dont il continue toutefois à écrire le scénario. «En fait, jusqu’à présent, on m’a un peu pris pour le type tout fou qui lance un nouveau projet toutes les deux semaines. Cela vient du fait que je suis quelqu’un d’anxieux et que j’ai beaucoup de voix qui me parlent dans la tête. Les personnages de mes BD ce sont ces petites voix à qui j’ai donné un espace pour s’exprimer, c’est à dire une série. Désormais, il n’y en aura plus d’autre car j’ai enfin mis en place tout ce qui me tenait à coeur. Maintenant, mon objectif est de continuer toutes ces séries, chacune à son rythme !»

5 - Ecrire pour les non-bdphiles...

L'île aux Pirates
Illustration

Que ce soit ses propres séries ou celles qu’il écrit pour ses complices dessinateurs Christophe Blain ("Socrate" chez Dargaud) ou Emmanuel Guibert ("La fille du professeur" ou "Les olives noires" chez Dupuis), par exemple, les BD de Joann Sfar sont particulièrement reconnaissables par leur forme. "Il y a beaucoup de gens pour qui c’est difficile de lire une BD parce qu’ils n’en ont pas lu petits, il y en a même que cela bloque carrément. Or, mes BD s‘adressent à des gens qui sont extérieurs au monde du 9ème art : mon lectorat comporte beaucoup de filles, de personnes un peu âgées ou de jeunes qui ne lisaient plus de BD et qui y reviennent. Je ne veux pas que la lecture de mes BD leur pose de problème. Je leur concocte donc des histoires où les cases ont toutes le même taille (c’est ce qu’on appelle la technique du gaufrier). Comme cela, ils sont un peu embêtés lors de la première page mais après, ils oublient même qu’il y a des cases : ils sont dans l’histoire. Le problème quand on ne met que six cases par page, c’est que certains trouvent que cela se lit trop vite. Donc, dans l’avenir, je vais mettre plus de cases comme dans les premiers "Spirou" où leur nombre augmentait d’albums en albums."

Mais Joann Sfar ne s’adresse pas qu’aux adultes, preuve en est le grand nombre de séries réservés aux plus jeunes : "Sardine de l’espace" avec Guibert pour Bayard, "Merlin" avec Munuera chez Dargaud, "Petit Vampire" ou encore l’univers du "Donjon" créée avec Lewis Trondheim chez Delcourt. "J’ai surtout envie de m’adresser aux enfants car on dit souvent que les adultes vous demandent des dessins alors que les enfants vous en donnent. Les lectures d’enfance ont aussi quelque chose de formateur, de profond. Personnellement, j’ai un souvenir intense de tous les livres que j’ai lu quand j’étais môme. Aucun livre ne pourra maintenant me faire le même effet car j’ai trop tendance à lire pour me construire et non pour mon plaisir. Pour moi, le livre pour enfants ne doit pas être éducatif : l’éducation doit venir des professeurs ou des parents. Le livre doit apporter une troisième voix qui n’est ni celle de l’enseignant ni celle de la famille : il est là pour apporter du plaisir ! Il faut savoir aussi que les gamins qui lisent plein de BD lisent aussi beaucoup d’autres choses. Par contre, un enfant qui ne lit même pas de BD, il ne lit rien !»

6 - Dessinateur par nécessité

Les BD de Joann Sfar sont souvent initiatiques et celui-ci considère que l’apprentissage est quelque chose de très important. Lui même, il a beaucoup appris auprès de Pierre Dubois, conteur breton, homme de télévision et scénariste occasionnel de BD («Petrus Barbygère», chez Delcourt, en 1996). «On ne dira jamais assez que l’enseignement du dessin et de l’écriture n’est pas démocratique. Cela ne s’apprend pas dans les écoles et rarement dans la douceur : il faut un maître qui vous aime mais qu’il faut vénérer et il faut surtout un investissement inouï dans l’activité qu’on veut pratiquer, un besoin vital de dessiner ou d’écrire, par exemple.

Les Olives Noires T.1
Pourquoi cette nuit est différente..., couverture (dessin Emmanuel Guibert)
Moi, je n’ai jamais été bon en musique parce que je me suis seulement dit que ça se serait bien de jouer d’un instrument ; mais on voit bien que ce ne n’est pas mon truc...» Pourtant, Joann joue de l’harmonica avec ses amis de l’Association ou de la collection «Poisson Pilote» : mais là, c’est plutôt pour s’amuser !

«Je pense qu’il y a un investissement dans une pratique. C’est au-delà de ce qu’on pourrait appeler du travail. Moi, je passe 15 heures par jours à dessiner : c’est certainement une difficulté à vivre qui fait que je me réfugie là-dedans, et, par chance, cela a pu devenir une profession. Le dessin est un processus narratif qui est un moyen de se raconter et de dédramatiser l’existence : il ne faut pas l’enseigner seulement comme une représentation et faire l’apologie des arts plastiques.

Ceci dit, je ne suis pas un homme de certitudes même si je ne peux pas m’empêcher de dire les choses quand c’est évident. Autant je peux affirmer que la BD ce n’est pas de l’artisanat, autant il me semble que parfois, il faut avoir un discours de compagnonnage : pouvoir demander à un type à côté de soi de prendre le crayon pour montrer comment il dessine. On s’impose par sa façon de dessiner ! Quand je dis ça, je ne suis pas prétentieux mais juste un peu doctrinaire. Pendant longtemps j’ai eu peur qu’on ne m’aime pas, que l’on dise que je dessinais mal alors que j’ai des années de pratiques en morphologie et en anatomie (aux beaux-arts et dans les laboratoires d’hôpitaux). Maintenant, ce dont j’ai peur, c’est qu’on ne me comprenne pas, qu’on se méprenne sur mes motivations...»

7 - La BD, cadre rêvé du dialogue philosophique

La grande force des BD de Joann Sfar ce sont les dialogues ! C’est même le centre de son travail car pour lui, ce n’est pas seulement une accumulation de bons mots. «Pour moi, le dialogue c’est la mise en présence de deux personnalités, de deux êtres dans le cadre de la résolution d’un problème philosophique : la BD est le cadre rêvé pour faire du dialogue philosophique car on y maîtrise la lecture et on peut prendre son temps pour comprendre le texte qui est mis en images et structuré par la séparation en cases et en pages

Les Olives Noires T.1
Pourquoi cette nuit est différente..., extrait (dessin Emmanuel Guibert)

D’ailleurs, Joann Sfar et ses amis (Lewis Trondheim, Christophe Blain, Blutch, David B., Emmanuel Guibert, Marjane Satrapi...) qui incarnent le mouvement appelé «La nouvelle BD» réussissent à toucher un public qui lit, en général, peu de bandes dessinées ! «Nous sommes pourtant nous-mêmes de gros lecteurs de BD ! Il se trouve que nous ramenons à la bande dessinée des gens qui n’en lisaient plus depuis des années car ils trouvaient que c’était trop devenu de la lecture pour ados ; nous séduisons aussi un certain lectorat féminin et même des gosses nourris de «DragonBall» qui viennent à nous par l’intermédiaire de la série «Donjon».

Evidemment, nous faisons des jaloux ! On nous dit que nous dessinons comme des pieds, que nous bâclons, que nous faisons perdre de l’argent aux éditeurs...Ceci n’est pas vrai puisque «Donjon» vend à 30 000 exemplaires par titres, «Professeur Bell» à 20 000, «Petit Vampire» ou «Sardine de l’espace» à 15 000... et je pense que chez Dargaud (dans la collection «Poisson Pilote»), même si les chiffres sont plus modestes, je tourne autour des 10.000, ce qui est loin d’être une catastrophe, surtout pour des séries appelées à se développer !

Dans notre démarche, à aucun moment, il n’y a une volonté de mettre à bas le temple de quoi que ce soit. Nous avons juste envie que les gens qui ne s’intéressent pas à la BD y viennent et se rendent compte que ce n’est pas un genre mais un média où l’on peut raconter ce que l’on veut !

Marjane Satrapi qui est Iranienne et qui voit ça de l’extérieur pense que si le cinéma est un média plus riche et plus célèbre et qu’il a généré plus de chefs-d’oeuvre que la BD alors qu’ils ont été créés en même temps, c’est certainement dû à la maturité, à la culture et à l’intelligence de ceux qui l’ont lu et de ceux qui l’ont fait... Mais peut-être fallait-il tout ce temps là pour que la BD soit enfin prise au sérieux et que nous ayons l’impression, en la fabricant, de faire vraiment des livres !»

Portrait réalisé par Gilles
Janvier 2003.

 

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