Le commissaire Garenni vient trouver Canardo pour lui parler du décès de René Paquet, co-auteur avec son frère Raymond d’un fameux guide consacré au vin. Engagé par le frère de la victime comme garde du corps, Canardo se rend en compagnie de celui-ci dans le Crapaunais, pays de viticulteurs que feu René Paquet s’est mis à dos avec la critique assassine de leurs vins qu’il a rédigée pour la nouvelle édition de son guide. Et si les viticulteurs de cette région avaient tué René Paquet en vue de se venger ?
Un détective porté sur la bouteille menant discrètement une enquête dans un coin producteur de vin, cela promettait une aventure croustillante riche en scènes truculentes ; malheureusement, il n’en est rien. Outre quelques savoureuses descriptions de personnages qui feraient des coupables idéals comme Sokal en a le secret, cette aventure s’en tient au minimum syndical, possédant des rebondissements et un dénouement final très décevants. On attend donc déjà le prochain tome en espérant que Canardo sera en meilleure forme.
Cette quatorzième enquête du taciturne et laconique Canardo nous fait découvrir le monde enivrant des œnologues. Notre inspecteur palmipède délaisse pour l’occasion la bière pour le vin, cherchant la vérité dans l’ivresse, avec sa désinvolture et sa nonchalance habituelle. Les crétins de toutes sortes s’en prennent pour leur grade avec des dialogues dignes d’un Audiard. Exemples : «Désolé, en amour, j’suis pointilleux sur la date de préemption» ou encore «J’ai des heures de vol mais ne les ai pas toutes faites en altitude» !