Amiante, chronique d'un crime social
Tempête de neige
Bien sûr, en gros on sait ce qui s’est passé. Ce qui se passe encore. On se souvient de quelques articles sur Jussieu, on a lu quelque part les effets de la maladie. Mais a-t-on vraiment connaissance de la question de l’amiante ?
Albert Drandov, journaliste avéré, et Dikeuss, créateur des jeunes éditions Septième Choc, ont donc décidé de raconter en bandes dessinées les différents points de ce qu’ils appellent « un crime social ». Tout bonnement. Avec au crayon une dizaine de dessinateurs jeunes ou moins jeunes, ils compilent les récits qui forment un engagement dans le fait de société.
Parfois, en lisant les différentes histoires qui composent le recueil, on s’attend à une chute comique. Mais le relief léger de certaines planches est trompeur. On nous parle bien de drames et de morts. Les témoignages en images sont suivis de brefs reportages, factuels ou chiffrés, qui nous font prendre conscience de l’ampleur du désastre. Avec souvent des frissons dans le dos. Par exemple, on découvre que dans les années 1950, les médecins du travail, pourtant informés en conséquence, justifiaient les quintes de toux des employés par le tabac… y compris lorsque ceux-ci ne fumaient pas.
Présenté comme une enquête de société, l’album se lit avec un mélange de gêne et d’intérêt. Focalisés sur la dimension humaine de l’affaire, les auteurs n’oublient pas son côté grand spectacle, avec plus de 100 000 morts attendus d’ici 2025.
Amiante, chronique d’un crime social a reçu cette année à Angoulême le Prix Tournesol, qui récompense le meilleur album « écolo » de l’année. Une récompense méritée pour un livre salutaire.
Clément
25 Mai 2006
|
A. Drandov
Collectif
N&B
Editeur : Septième Choc Septembre 2005
|