joe sacco persiste et signe. après les excellents palestine et gorazde, il nous livre ce travail incroyable : gaza 1956. plusieurs choses à propos de ce livre. tout d'abord c'est une bande dessinée de tout premier plan. je veux dire en cela que ce n'est pas qu'un documentaire qui utilise le biais du 9ème art par pure coquetterie. le dessin, les cases, les personnages multiples sur certaines planches énormes, tout y est à son paroxysme. un travail de titan, d'une qualité rare. quant au fond lui-même, beaucoup d'historiens pourraient envier à sacco cette intelligence, cette subtilité qui lui évite les clichés d'un bord ou de l'autre... et le thème n'en manque pas ! ce n'est pas un travail partisan comme il en fleurit pas mal ces temps-ci (et c'est dommage car ces causes sont justes !) mais une vision HUMAINE, sincère, avec ses doutes, ses colères, ses erreurs et bien entendu ses dénonciations. je me souviens avoir lu en BD l'adaptation d'une histoire populaire de l'empire américain d'après howard zinn... quelle catastrophe ! quand un propos qui semblerait intéressant est noyé sous une forme bêtement puérile.
gaza1956 n'est pas un pamphlet, c'est un travail d'historien et journaliste. une leçon à tout points de vue. indispensable.
belle surprise. j'ai lu ces 2 volumes de ken games sur les conseils du libraire (pub ! bdfugue grenoble, annecy et besançon : allez-y, non seulement ils sont compétents mais en plus ils sont sympas - fin de la parenthèse). malgré tout sceptique, la nationalité d'une bd ne faisant pas sa qualité (espagnole comme... blacksad, jazz maynard), je l'ai bouffée après terre neuvas de chabouté. je me suis marré, j'ai vibré, en fermant le 1er volume, je n'avais qu'une envie : lire la suite. vivement le 3ème ! ces 3 amis dont les vies parallèles (cachées) vont se télescoper sont très attachants. très humains. alors, bien sûr, on n'évite pas qq côtés lourdingues de toute BD qui vise un public super large : qq personnages ratés (l'entraineur de boxe, qui avait pourtant un potentiel dramatique fabuleux, malheureusement juste esquissé), la jolie "feuille" n'évite pas la tenue d'eve bien que ce ne soit pas d'une nécessité absolue pour l'histoire, qq bonnes scènes de massacres qui, tellement énnôôrmes, en frôlent le drôle (l'absurde, même ! est-ce fait exprès ? je veux y croire). le dessin est parfois très moche (il a un casque pierre, ou c'est sa coiffure ??? ;-)). parfois très original. prometteur. il y a une conclusion ? chabouté, je me suis ennuyé, malgré le talent. ken games, je me suis éclaté. j'attends avec impatience le dernier volet de cette trilogie.
Il était une fois en France T. 3 : Honneur et Police
23 Novembre 2009
il y a en ce moment qq titres "grand public" qui offrent beaucoup plus qu'ils ne promettent. après les très chouettes ken games et, dans une moindre mesure, le premier tome de l'or et le sang (tiens encore nury), des titres où l'on se marre franchement, où l'on réapprend à vibrer comme des gosses, voici, dans un style complètement différent, il était une fois en france. je n'avais pas été renversé par le 1er tome et avais fait l'impasse sur le second. la parution de ce troisième volet (accompagnée des avis bd selection) m'a convaincu de réessayer. et je confirme que, une fois passé le classicisme des dessins de vallée (plutôt chouette pour le coup), le scénario est vraiment fascinant (c'est décidément le bon adjectif, merci diane). le personnage de Joseph Joanovici est d'une complexité rarement (jamais) atteinte dans la production actuelle. pourvu que les auteurs ne cèdent pas à la tentation de le sauver des eaux ! qu'ils se souviennent de loisel qui a préféré donner du coffre (et de la logique ! ce n'est pas qu'une histoire d'esthétisme) à son peter pan quitte à se "fâcher" avec qq lecteurs... pas une femme à poil, pas de scènes en trop, des "rôles" vraiment profonds et émouvants, logiques. une histoire qui colle à cette époque : troublée. nury est donc capable de bcp mieux que l'horrible "je suis légion"... je ne serai rassuré qu'à la dernière page du dernier tome. en attendant : chapeau.
ah ! si larcenet pouvait retomber sur ses pattes avec son blast, ça pourrait nous donner qq chose d'assez unique. beaucoup de pistes sont ouvertes, il a l'air jusque-là de les tenir encore en laisse, espérons qu'il n'en oublie pas sur le bord de la route. c'est gonflé en tous les cas comme projet. ça ne ressemble pas à grand chose et c'est déjà un atout. et puis graphiquement, j'ai trouvé ça souvent sublime. ces planches comme des respirations au milieu de cette histoire assez étouffante (cf. avis de boris)nous proposant des panoramas ruraux ou citadins, tous gris, sont excessivement belles, voire poétiques... comme le dit boris, qq facilités que l'on pouvait craindre, sont pour le moment évitées. y'a pas à dire, c'est un auteur qui sait trouver le ton juste dans ce qu'il veut nous raconter. peu savent le faire (sfar, blain dans des styles différents, ou encore pirus avec l'incroyable roi des mouches... rien à voir si ce n'est... la justesse : sincérité de l'auteur et intérêt pour le lecteur !) ouh là j'ai la forme...
j'ai loupé quelque chose ? qu'est-ce que j'ai été déçu ! à la base : j'aime loustal et j'adore lehane. je n'avais pas lu ce recueil de nouvelles (coronado, publié juste avant l'excellent Un pays avant l'aube) dont est issue cette adaptation (avant gwen). et c'est vrai que cette histoire a du coffre, sans atteindre la "noyade" de shutter island. mais bon : 15-20mn pour en expédier la lecture : quel impact peut-elle avoir sur moi ? aucun. je l'ai certainement mal lue, mais je n'ai pas été aidé par loustal. rien à dire sur ses décors, sublimes couleurs, univers propre à lui qui aurait pu convenir parfaitement à celui de lehane, ... mais ces personnages, statiques au possible, immobilité dont le paroxysme est atteint à la scène de la chambre d'hôpital : une intrusion, une balle tirée (dont le tracé est tiré à la règle !!), des visages... euh... nuls ? bon, j'ai un peu honte, on sait bien que loustal a un p. de talent... mais le propos est à la hauteur de la déception.
déçu. alors, déçu avec chabouté, ça reste plus que correct. bien entendu, ce noir et blanc est toujours aussi réussi. qq planches incroyables. visuellement, c'est sublime... et pourtant : je n'ai jamais été ému. dommage, non, vu le sujet ? j'ai tourné les pages, pris mon pied "graphiquement"... alors qu'on est à bord d'un huis clos qui aurait dû être étouffant, tendu... et : rien. on va pêcher ? c'est dur, exténuant, risqué ? on risque de se perdre dans le brouillard ? chaque fois en qq cases c'est "expédié". ce coup de la "promenade des parisiens", il aurait pu nous la faire sur plusieurs planches... dès la planche de droite, je savais qu'ils s'en tiraient sans pb. ah tiens y'a un mort. et puis deux. ça aurait dû nous vriller les tripes, non ? pour une fois qu'un one shot aurait mérité plusieurs tomes... je me souviens de ses premiers albums, l'ambiance, quand elle devait être épaisse, elle l'était, et pas qu'un peu (lisez zoé !) enfin le dénouement. en 4 planches, c'est expliqué. bof. et j'avoue que les "trognes" ne m'ont pas "comblé" non plus... qq ressemblances entre certains personnages... et j'y ai même vu parfois l'influence de cabu et de son beauf ! bon, là j'exagère un peu. alors pourquoi 3 étoiles ? bah parce que chabouté est très fort. trop peut-être. ce sujet était en or pour lui. qu'il prenne son temps.
Passagers du vent T. 6 : La Petite filles Bois-Caïman - livre 1
05 Octobre 2009
ouh là... ces critiques ! intéressantes et argumentées ceci dit. bon, je ne suis pas d'accord. j'ai trouvé ce tome (épais) fidèle à l'auteur : des personnages très puissants tant par l'intrigue que par ce trait unique que -moi !- j'adore. la première partie est même parfaite, la seconde plus didactique (celle qd isa raconte), plus poussive. mon cher frèrot m'a dit, et il a raison, "t'as vu la couverture, cette fille, ce regard en biais ?"... oui j'ai vu et c'est classe. en plus c'est intelligent. bourgeon n'a pas choisi la facilité avec cette zabo un poil... réac. isa la quasi-centenaire réussira-t-elle à lui ouvrir les yeux ? ... et ces femmes !... aaah ! françois bourgeon... dans la stratosphère de la BD ! les autres peuvent se rhabiller...
avant toute chose : je ne suis pas du tout un fan de comics US... j'avoue que je m'y perd bcp dans ces séries svt nébuleuses... batman, superman, les 4 machins, etc. et c'est vrai qu'"esthétiquement", ayant été biberonné au franco-belge depuis maintenant une bonne trentaine d'années, je reste assez imperméable à ces dessins svt chargés, très colorés, qu'on dirait même "coloriés" par mon petit neveu de 3 ans... et on retrouve tt ça dans cette intégrale des watchmen (12 vol., si vous achetez : un conseil prenez la version souple 2 fois mois chère -15 €- et bcp plus confortable que le pavé rigide à 30 €). je m'y suis donc attaqué sans trop de conviction, un peu (bcp) parce qu'on en parle pas mal en ce moment (film, tout ça...) très agréable surprise. ces histoires de héros masqués en pleine guerre froide, sont très noires, svt profondes et réfléchies. ils ont pour la plupart une conscience à la fois de leur côté ridicule (mmh ces jolis collants..., ces jolis costumes ringards "eighties") et surtout de leurs intentions parfois un poil réactionnaires. d'où la subtilité du propos de l'auteur. même si c'est très marqué historiquement (tensions extrêmes avec les russes), on peut bien évidemment transposer ce contexte dans notre joli monde actuel. les 2 derniers tomes qui dévoilent la bernique sous le goémon sont très cruels, atroces. pas mal de remords, de regrets pour tous. où comment faire le bonheur de l'humanité de manière... radicale ! conclusion : très épais (qq longueurs aux 3/4), une esthétique qu'on pourra juger un peu années 80, mais au final qq chose d'assez rare et violent, désabusé même. à foutre en l'air pas mal d'a priori (dont les miens)...
davib b et micol se sont bien trouvés. superbe western glacial où l'on retrouve des aventuriers de différentes classes... ici, dans ce premier tome, toute une galerie de plus ou moins salopards où l'on ne sait pas encore qui tirera son épingle du jeu... un contexte polaire, 2 miss qui promettent bcp sans en laisser trop voir (les bons auteurs laissent svt une place importante et capitale aux femmes dans leurs histoires), l'intro avec l'aubergiste humilié par les tueurs d'indiens est magistrale, tant dans les dialogues que dans le rythme et les dessins, bref, une fois de plus avec david b : tout y est de manière très juste. le flegme de nathan ne laisse pas ces dames indifférentes... oh ! corto, t'as de la concurrence avec david b : après les exceptionnels "prologues" et "fantômes" des "chemins noirs" de fiume, en voilà un autre ! cet auteur marche très adroitement dans les traces de pratt où l'aventure, le quotidien (lisez les "complots nocturnes") peuvent côtoyer l'ésotérisme version subtile et intelligente. micol, pour moi, c'est une découverte DE TAILLE. à suivre. vivement.
cet auteur a tout simplement un regard unique, d'une justesse, d'un tact incroyables pour ce qui concerne les regards (œillades), les silences, les non-dits. Le goût du chlore était déjà bluffant de ce point de vue là. alors, à côté de ça, bcp de lecteurs pourront (parfois légitimement) se sentir quand même frustrés par l'(absence d')histoire. il ne se passe, pour ainsi dire RIEN. vivès doit faire confiance à son lecteur pour boucher les trous ; d'ailleurs, pour le coup, il nous associe pleinement à cette BD interactive, vue que la (très jolie) demoiselle s'adresse... à moi lecteur (d'où le titre j'imagine). c'est gentil vu que nous avons affaire en l'occurrence à une histoire d'amour. comme l'impression que vivès va nous sortir un de ces quatre un sacré livre qui fera date. cet excellent dessinateur a, a priori, tous les talents pour. patientons.
ouh le conte sacrément cruel... l'idée de cette communauté de petits bonshommes divers et variés peuplant notamment le cadavre d'une jeune fille humaine est glaçante et... originale pour le coup. on pourrait reprocher une certaine absence de construction ds le récit ; l'enchaînement de petites saynètes sans forcément bcp de liens entre elles noie finalement un peu plus le lecteur (très) mal à l'aise... ce qui est du coup une réussite. ce petit peuple est bien désordonné, personne ne sait vraiment où il va, et qd ds les gds moments de cataclysme, il y a les bonnes âmes solidaires (et naïves) et les tyrans qui profiteront tjrs de la situation... cette fable est cruelle jusqu'à la fin que l'on ne pas vraiment juger très positive... peut-on y lire une certaine allégorie de notre joli monde ? chacun jugera. après "Le fils de l'ogre" de Mardon, c'est le second conte que je lis en peu de temps. et il est également réussi. surprenant.
je n'attendais pas gd chose de ce dernier bilal... contrairement à la série du sommeil du monstre qui m'a vraiment déçu sur les 2 derniers tomes (en comparaison avec l'extra 1er volume). et de n'en rien attendre, finalement, je me suis retrouvé agréablement surpris. notamment la 1ère partie du bouquin ou le "duel de tchatche" des deux marins est assez excellent, voire drôle (si si) ds qq dialogues. alors, bon, après, bilal, parfois, il fait du bilal, c'est un poil "pompeux" ; ce qui était original et fracassant du temps de nikopol a sérieusement perdu de sa verve aujourd'hui en 2009... des milliards de séries sf ayant labouré le champ initialement exploré par le maître. dieu sait (!) si j'ai adoré cet auteur. et c'est vrai que qd, en lisant animal'z, je me surprenais à m'exaspérer de certains passages, je me reprenais "oh, imagine que n'importe quel inconnu ponde ce truc, on trouverait ça excellent"... oui mais voilà, du coup, on est devenus exigeants avec bilal. peut-être... pour conclure ce fatras compliqué : voilà une super chouette BD, graphiquement svt superbe (qd même...), aux dialogues parfois percutants, voire excellents...mais bon. rien de révolutionnaire non plus, ce qui, pour un auteur pareil, place la barre bien plus haute que bcp de niaiseries.
je ne croyais pas connaître g. mardon, finalement je me suis rendu compte que j'avais déjà lu le décevant Leçons de choses, qui n'apporte pas gd chose ds la catégorie archi-rabattue du témoignage d'enfant naïf mais pas trop. qd au fils de l'ogre : très chouette ! c'est le moins que l'on puisse dire. formidable surprise que ce conte moyenâgeux (très) cruel. dessins et ambiance uniques (contrairement là encore à cette tendance minimaliste utilisée pour Leçon de choses, dont bcp abusent aujourd'hui...) le jeune garçon morbide (jeune salopard, oui) fasciné par le bourreau et son job cruel, qui va faire une sacrée belle connerie (lisez la chronique de gilles et vincent) et qui ira soigner sa bourde et son deuil à coup de batailles rangées et de sang versé. il sera adulé, reconnu, il fondera même une famille. et ça ne le satisfera guère... jusqu'au dénouement tragique et très bien amené par l'auteur. BD à la fois grand public (et exigeante, vite lue tout en imposant qq planches qui valent leur pesant de grande classe... j'ai pris un gros plaisir à lire ce livre.
oui gros coup de cœur également. un dessin unique, une ambiance tendue malgré les espoirs ("le rêve") pour une histoire qui pourrait être assez universelle mais qui, allez comprendre, a sérieusement tendance à ne toucher que toujours les mêmes... histoire d'espoirs, de rêves, donc, d'ambition même pourrait-on dire... et bien entendu de désillusions car toujours cette p.. de ségrégation, dans ce grand pays qui s'est forgé, souvent sans se l'avouer, à coup d'apartheid. pour accompagner ce bouquin, superbe qui plus est, un dique, un livre et un film : bien entendu : du ROBERT JOHNSON dans la hifi ! le temps où nous chantions de R. Powers (lot 49) ; énorme et magistral sur les Noirs au Etats Unis au XXe siècle (et la musique aussi mais pas le blues); et O brother ! des frangins coen ! histoire de se détendre (avec la BO aussi fabuleuse...) c'est le côté positif de tout ça : le BLUES LE BLUES LE BLUES... je ne connaissais pas cet auteur ; merci à lui et merci au père noël qui m'a laissé son livre dans mes charentaises.
je me suis posé la question une fois le bouquin fermé : est-ce que j'ai aimé ? comment ce dessin à la limite du quelconque parfois a pu me tenir autant de pages ? et ces procédés (de + en + courant dans la bd aujourd'hui) d'écrire plutôt que de dessiner les actions (comme si le dessin ne suffisait plus) ? et cette histoire de famille (pas banale quand même : divorce sur le -très- tard) qui visiblement ne m'intéresse pas plus que certains des personnages ? de + : qq répétitions (l'aîné des enfants et son malaise évident est... un peu trop rabâché)... et puis voilà à la question du début : OUI ça m'a plu. allez comprendre. en fait l'auteur a réussi, malgré tout, à m'attacher à ses personnages. surtout le cadet-grenouille (hors du temps) et sa copine animatrice... à croquer. je me demande si ce n'est pas l'histoire de ces deux là qui m'a plu. dernière chose : les propos sont très justes. et subtils.
souvenirs de ferraille, mag de BD hors normes, bête et méchant, complètement underground MAIS d'une qualité incroyable. pas de la bd de coin de table... et on retrouve ttes ces qualités dans le pinocchio de winshluss. multiples histoires qui se croisent, ttes autour de ce pinocchio créé par un gepeto avide et veule, mené par un jiminy "cafard" alcoolo, écrivain raté, dépressif... ttes les situations sont de grandes claques. mias winshluss évite la facilité, ou encore un discours moralisateur... la construction de pinocchio est loin d'être évidente : sacré boulot. l'alternance de styles graphiques est fabuleuse : l'auteur enjolive parfois pour mieux faire ressortir la crasse des situations... j'ai lu ce bouquin il y a qq mois, et là boum : meilleur album à angoulême (au mileu d'une sélection assez convenue et propre) : sacré bon d... de bonne nouvelle. que le plus grand nbre puisse donc découvrir ce bouquin hors catégorie grâce à la médiatisation, et bah c'est chouette. MERCI les requins marteaux et winshluss !
allez, je passe à 5 étoiles. blain garde le rythme avec sa série gus et c'est toujours aussi percutant. le pauvre gus est bien embêté avec ces dames... et quand il perd pied, tout s'écroule : même un sale gamin, fan de sa réputation de cowboy, vise mieux que lui... aussi quand il veut aider les braves fermiers (ça rappelle un gosciny ça : des barbelés dans la prairie), il prend une sacrée dérouillée... blain nous fait du charlie chaplin chez hara kiri : humour tendre, et super couillon à la fois (pour ne pas dire autre chose). J'ADORE. je trouve formidable que qq auteurs réussissent à nous faire marrer sans grosses ficelles, sans facilité. même si je me poile avec certains de chez "fluide"( lisez goossens, le maître !), on est ici dans un tout autre domaine. pour tout dire, ça rappelle tex avery. c'est aussi subtil dans la foire... ça ne doit vraiment pas être simple à créer ! bravo christophe blain. j'arrête mes louanges (faites gaffe quand même avant de l'offrir à noël, l'humour reste une des choses les plus personnelles et donc subjectives qui soient). Même question que lors du tome 1 : et isaac ?
un faux air par devant de "péchés mignons" ou encore de "julien boisvert" (quelqu'un se souvient de cette bd ?)... ces petites trognes sympas. pas de dialogues ; on discute en logos ds cette bd ! cool en plus y'a rien à lire... bon ça c'est pour la vision "je feuillette le bouquin chez le libraire". parce que quand on s'y attaque, ça décoiffe. ou plutôt ça déprime. ivan brun nous crache un monde sans pitié, violent, ou seules qq histoires sont exagérées (ex : celle sur la téléréalité), quant aux autres : on les imagine (avec effroi) très crédibles. c'est du ellroy. ni plus ni moins. (certaines histoires, qu'on imagine se dérouler en amérique centrale, autour de la drogue notamment, m'ont fait penser au roman incroyable de don winslow : la griffe du chien. la même violence, le même désespoir). entre chaque chapitre, qq planches, certaines fabuleuses de sens. tout en détails, qq logos surpuissants, qui s'imposent. bienvenue dans notre joli monde. ivan brun aurait pu tomber dans l'excès et la facilité, ce n'est pas le cas. je n'ai pas ressenti d'exhibition malsaine.
un dessin millimétré, superbe, un scenar à épisodes qui plonge le lecteur dans un univers absolument glauque, désabusé et tendu (qui tient la comparaison avec blackhole de c. burns, c'est dire !) mais qui s'inspire grandement du nôtre... brr... ça fait froid dans le dos de voir ces personnages, en même temps que nous-mêmes, chercher sans y croire un brin d'humanité (il n'y a pas d'amour ici) comme on cherche l'oxygène !! respirer. cette bd est, à mon avis, sans comparaison aujourd'hui. pourvu (et ce sera ma seule crainte, comme svt avec les séries bd) que les auteurs gardent ce souffle et sachent conclure ce cycle unique et parfait. peu de fictions (bd, romans, films...) ont en même temps cette force, cette ironie, cet humour, cette classe. mention spéciale de ce second tome au copain qui revient d'outre-tombe !... GROS GROS TRES GROS COUP DE COEUR (vous l'aurez compris) : A LIRE donc... (et malgré tout je le conseille avec prudence tant c'est... quand même... vraiment pas banal). bravo aux auteurs.
fred bernard est un des auteurs les plus insolites du paysage actuel. Vincent, ds sa chronique parle de fraicheur, c'est exactement ça ! subtil, intelligent, des dialogues percutants, du tac au tac ! après je constate qd même qu'il est plus à l'aise avec les histoires 'anciennes' que les contemporaines (lisez ses albums illustrés par fr. roca). lily love peacock m'avait déçu ; celui-ci, par contre, est vraiment réussi. quant aux aventures de Jeanne Picquihny (2 tomes pour l'instant) : c'est carrément parfait. ses personnages (féminins !)ont en plus un petit côté coquin loin de la mièvrerie porno chic de l'héroïc fantasy qui ne fait fantasmer que les ados (et encore) : ici, ces demoiselles sont troublantes... pourquoi ? parce qu'elles en ont ds la caboche. fred bernard est un des auteurs les plus féministes que je connaisse. car fait avec naturel... vivement que le seuil lui rende ses droits sur JEanne Picquigny et qu'on ait ENFIN la suite (déjà écrite !) de ses aventures... auteur passionnant.
bon, autant j'avais plutôt conquis par le sursis et le corbeau, autant celui-ci me laisse assez froid (pour l'instant) ; les personnages sont assez prévisibles (le notable, "régulier" de la belle ; le jeune et rebelle espagnol, etc.) quant à la partie "tranchées", je suis actuellement dans "putain de guerre" de tardi et verney, c'est d'un autre calibre, je pense, ça bouleverse, ça choque... chez gibrat, c'est trop "beau", trop esthetique. alos, attention, qu'on se comprenne bien : ça reste de la bonne BD. MAis sans plus. Je range ça aux côtés de titres comme "magasin général"... bcp de talent, travail magnifique... mais romancé, prévisible... je préfère les titres qui gratouillent un tantinet plus ! dommage.
Une Aventure de Spirou et Fantasio par... T. 4 : Journal d'un ingénu
25 Octobre 2008
je ne pense pas qu'il s'agisse ici de comparer les spirous de morvan et cie avec celui de bravo. ...est-ce que les jeunes lecteurs prendront leur pied avec cette version d'emile bravo ? je doute. bon, sinon : pour moi qui ne connaît pas plus que ça cette série, j'ai été complètement surpris (agréablement) par ce bouquin : ludique, subtil, sentimental, politique : INTELLIGENT ! un coup de crayon et un style faussement rétro... bon je n'en rajoute pas plus. et il paraît qu'un second tome est prévu. franquin doit être content.
bravo pour cette adaptation (un des réussites de rivages BD avec le percutant pauvres zhéros et le formidable nuit de fureur de jim thompson adapté par le non moins bon miles hyman). j'avais été profondément scotché par le roman de lehane ; or le seul reproche que je pourrais me permettre serait que le lecteur bd avance "trop vite" ds la découverte du côté "obscur" de cette histoire, et quel dénouement ! les lecteurs qui ne le connaissent pas encore ont beaucoup de chance. un formidable tour de force de lehane. on confond un peu les deux fédéraux au début mais le pb est vite réglé. l'ambiance est parfaite, bravo à de metter. mais surtout, en roman ou en bd : ne passez pas à côté de cette intrigue ou le lecteur se fait avoir en même temps que les héros. fabuleux (bientôt adapté par scorcese et di caprio ? vivement...)
"a réserver uniquement à un public bédéphile averti et qui n'a pas peur des trucs intellos" d'après annette... il ne s'agit pas de lancer ici un forum, ce n'est pas l'endroit, mais cette remarque est intéressante et amène qq pitites remarques. il est très révélateur d'être ironique sur le prétendu caractère 'intello' d'un livre, ou d'autres choses d'ailleurs : bouquin, ciné, etc. le jour où il n'y aura plus personne pour s'intéresser par PUR plaisir à tout ce qui nous entoure, les idées, les choses, les gens, ce jour-là nous aurons la chance de vivre enfin quelques moments bien sympathiques que nos papys mamys ont connu il ya qq dizaines d'années. ça tombe très bien finalement que ce commentaire s'applique sur un livre de chris ware : car, qui de plus fort que lui pour décrire notre pauvre monde consumériste où nos fausses joies de supermarché ne font que nous enfouir ds une solitude... effrayante (lisez le génial ACME NOVELTY - je pèse mes mots)? alors : attention, bien entendu, nous avons encore le droit de nous faire plaisir avec un bon gros blockbuster à la c.. de chez soleil qui ne voit pas plus loin que le bout de son imagination faussement fantasy (mais rééllement niaise) : CA FAIT UN BIEN FOU, ça libère le cerveau... ...mais quand même : quand on lit jimmy corrigan, on progresse un peu plus, non ? et en plus d'être énorme à plein de niveaux : technique, mise en page, imagination, humour, regard d'une cruelle justesse, cette histoire est également TRES émouvante. ce qui est rare. attention à ne pas trop nous enfoncer ds le médiocre. ça va finir par nous retomber sur le coin du nez un de ces 4. ceci dit, on est d'accord : n'oublions pas de nous faire plaisir. et là : chacun ses goûts (fin oecuménique, c'est bien... hum).
quelle unanimité ! faudrait que je le relise, du coup j'ai un doute... ceci dit, bon, le souvenir que j'en ai est quand même plus que mitigé. autant je trouve que lax a vraiment fait évoluer son dessin de belle manière (il n'y a qu'à comparer le très chouette Azrayen à La fille aux ibis -les deux de giroud), autant côté histoire... pfff... c'est quand même trop trop romancé pour moi. je ne rentre aboslument pas dans ce genre d'épopée sépia. à comparer sur le même sujet (?? quoique... bref) : le film d'animation Les triplettes de belleville a qd même beaucoup beaucoup plus de gueule. comment ça rien à voir ? serais-je un poil malhonnête ? bon, tout ça pour dire, un peu comme pour Magasin général de loisel et Trip, si on n'accroche pas au côté lisse et fadouille du contenu, de l'idée, le traitement des illustrations, de la mise en page, a beau être talentueux : ça ne suffit plus. je préfère beacoup plus l'inverse : une histoire qui a du coffre, une histoire qui pique, qui gratte partout, avec des dessins de cochon ! très bof, donc.
ouh qu'il est beau cet album... en plus il ne ressemble pas à grand chose de connu. un traitement très original, c'est vrai qu'il a bien évolué pedrosa. la tension, la peur même ! est très bien retranscrite quand les trois ombres apparaissent. quand les parents ont peur, l'enfant sent cette tension... cette ambiance qui se durcit petit à petit... comparée au bonheur idyllique du début. sujet très dur, mais traité, répétons-le, d'une manière très classe : tact, imagination... bref du talent. c'est parti pour une fuite qui n'offre que peu d'issues. livre remarquable.
La Vie secrète des jeunes La Vie secrète des jeunes
30 Janvier 2008
après (l'excellent) jérémie, riad sattouf confirme qu'il a touvé le ton juste sur notre époque (et qui sait ? surement même sur notre futur avec pascal brutal... madelin président... mmh...) il a le chic pour révéler nos tics, nos prétentieuses et (souvent) pitoyables habitudes de langage, de comportement ("vazi, c'est clair"). on vit une époque un tantinet standardisée et d'une pauvreté culturelle halucinante... et le méchant riad sattouf nous le renvoie à la gueule avec une efficacité... effrayante. la vie secrete des jeunes ne serait que drôle s'il ne s'agissait que de jeunes... or c'est bien de notre société égoiste, veule, consumériste dont il est question ici. je n'avais pas eu cette sensation si désagréable en découvrant ces strips chaque semaine dans charlie : mais là, une fois le bouquin fermé, une fois qu'on s'est marré à se décrocher la machoire... et bien, il y a comme une petit malaise qui pointe... époque épique, sattouf est un de ses chroniqueurs les + efficaces.
un peu d'accord avec davidson... même si je n'avais déjà pas spécialement accroché aux 2 premiers. ...et le pire (car je suis pourtant accro) : même le dessin de loisel commence à me fatiguer... alors attention : c'est purement subjectif et je serai tjrs un ardent défenseur de la sacré qualité du travail réalisé... mais bon, bof, ça ne me parle pas. un ardent défenseur de la série m'a dit qu'il faut avoir connu cette ambiance "québec" sur place... que ces livres révèlent très bien, paraît-il. Voilà, et puis c'est vrai que le coup du "6 tomes au lieu de 3 parce qu'on s'est attachés à nos personnages"... mouais. dites-donc, loisel, ça me rappelle qq chose ça ? (peter pan, un 5ème tome évitable, et puis récemment bilal qui nous aun peu gâché son pourtant bien parti "sommeil du monstre"...) allez : ça reste quand même du très correct. mais voilà, je le répète ça peut (subjectivement) ne pas plaire. ce qui n'est pas grave.
pour une fois je ne suis pas trop d'accord avec "diane" (?)... pourtant hermann, ça me plaît assez habituellement. il est l'auteur d'une des rares séries d'aventures "classiques" qui me plaisent : jeremiah. quant à afrika : mouais... je trouve justement le côté "bourru" du personnage principal face à la jeune et jolie journaliste assez... banal. si je dis que c'est du "crocodile dundee" en légèrement mieux, je vais me faire huer ? d'accord avec vincent et diane par contre pour constater que la fin est logique et bien trouvée. j'ai cependant préféré les one shot caatinga, wild bild ou encore sarjevo tango. quoique ça fait un fait bail que je ne les ai pas lus... faudra y remédier... celui-ci me semble + convenu, le problème étant que je n'ai pas trop d'arguments... finalement, ça reste du bon bouquin : intelligent, utile et assez efficace. c'est peut-être cette dernière qualité qui me tracasse un peu et qui n'en est plus une pour moi. sur des sujets assez lourds, je préfère largement un traitement à la gipi (notes pour une histoire de guerre, énorme). ce n'est peut-être pas comparable... je tourne en rond. bonne lecture quand même.
Bon, moi Christophe blain, je suis FAN. avec tout ce que ça peut comporter de subjectif... cette critique ne sera donc pas un summum de bonne foi. le seul problème que me pose GUS c'est qu'il met en retard l'exceptionnelle série d'isaac le pirate... sinon : c'est pile mon humour, ça me fait marrer, c'est con con et super attendrissant à la fois... ET SURTOUT : je n'ai jamais vu une bd comme ça. dumontheuil avec la (très) jolie magic child se donne plus de mal tout en étant également très bon... blain, lui, il trainasse avec son lecteur et ses trois connauds de cow boys, il ne nous raconte pas grand chose... et moi ça me va. BD fainéante, drolissime, inutile + couv parfaite. merci mr blain pour ces petites joies TRES IMPORTANTEs que furent les lectures et relectures de ce livre. maintenant, c'est pas le tout, au boulot !! : isaac la suite !!
à l'heure où l'on veut remettre la france au travail, notre très cher gaston reste un modèle incomprable : un pied de nez, quoi ? carrément un gros bras d'honneur à notre joli monde actuel... tout ce qui fait la force et le ton acide et libertaire d'IDEES NOIRES est présent dans les albums de gaston. franquin ne devait pas être très drôle dans sa tête... derrière l'humour, c'est un peu (beaucoup) desespéré : les petits personnages secondaires dans les rues, parfois des petits chiens, des clochards imbibés, des agents de police pas trop biens dans leur peau, des employés de bureaux qui clopent, qui clopent... le coup de crayon est unique, incomparable. les gags sont ultra efficaces. et en plus : POUR TOUS, absolument pour tous ! chacun y trouvera son plaisir... quel coup de force magistral... plus qu'un standard : une formidable, une excellente (etc.) série de bande dessinée.
ah...ces ados en roue libre totale, livrés à eux-mêmes, à leurs différences, à leurs vies minables de petits drogués égocentriques ou de parias monstrueux complètement oubliés, méprisés. Quel scénario incroyablement bien mené ; c. burns nous entraîne pieds attachés à un bloc de béton. Et quel dessin ! rine à dire, c'est énorme. Tout cela ne serait-il pas qu'un miroir, un "monstrueux" reflet de nos propres psychoses, nos propres égoïsmes ? Unique. Formidable et incomparable. BRAVO